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Syrie : le point de vue de la Russie

Syrie : le point de vue de la Russie

17-04-2018 à 22:23:02

Les bombardements effectués samedi 14 avril par les États-Unis et leurs alliés britanniques et français sur la Syrie ont été fortement condamnés par la Russie. Le président russe, Vladimir Poutine, a fait part de « sa grande inquiétude face à un acte d’agression mené contre un état souverain, engagé dans la lutte contre le terrorisme, en violation des normes et des principes du droit international ». Pourquoi la Russie prend-elle ainsi la défense de la Syrie et quels sont ses intérêts dans la région ?

 

Tout d’abord, la Russie cherche à contester la domination mondiale des États-Unis en redevenant un acteur régional important. Elle estime que le monde ne doit pas compter une seule superpuissance mondiale, mais plusieurs puissances régionales.

C’est pourquoi, elle poursuit une politique d’alliances avec de nombreux pays, sur le plan économique comme sur le plan militaire, notamment les pays de la « route de la soie » et la Chine. Mais, en comparant le nombre de bases militaires des deux pays à l’étranger (plusieurs centaines pour les États-Unis et ses alliés de l’OTAN en bleu, neuf pour la Russie en rouge, sur la carte ci-dessus), on remarque le déséquilibre immense.

Or, la Syrie est alliée de la Russie depuis longtemps et elle héberge une grande base navale de la marine russe sur sa côte en Méditerranée. Il serait inconcevable pour la Russie de perdre ce port, alors qu’elle cherche justement depuis trois cents ans à accéder aux « mers chaudes » comme la Méditerranée, accès qui lui est compliqué via le détroit du Bosphore turc.

Enfin, les grands consommateurs de pétrole et de gaz étant situés en Europe, tandis que les grands producteurs sont en Orient (mer Caspienne) et au Moyen-Orient (pays du Golfe persique), les grands gazoducs et oléoducs, actuels ou en projet, sont très nombreux à converger vers la Syrie et la Turquie. Il est donc crucial pour les grandes puissances mondiales, comme la Russie et les États-Unis, de contrôler les gouvernements de ces pays, pour pouvoir en retour contrôler les Européens.

C’est pourquoi, lorsque le président syrien Bachar el-Assad a appelé à l’aide l’armée russe pour contrer les diverses rébellions islamistes qui ont déstabilisé le pays, celle-ci est donc intervenue et a fini par remporter la guerre au bout de sept ans d’un conflit très dur.

Aujourd’hui, la Russie rejette catégoriquement toutes les affirmations des États-Unis et de ses alliés au sujet d’attaques chimiques qui auraient été menées par le gouvernement syrien. Elle accuse les États-Unis de ne mener ces bombardements que pour plaire aux Saoudiens et aux Israéliens et pour installer un gouvernement local qui soit plus docile à la politique américaine.

On le voit, la géopolitique est un sujet compliqué, qui faisait dire au général de Gaulle que « les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts ».

 

 

Actuailes n° 84 – 18 avril 2018

 

 

 

 




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