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C’est arrivé le 10 novembre 1630: la journée des dupes

C’est arrivé le 10 novembre 1630: la journée des dupes

13-11-2016 à 18:36:19

C’est arrivé le 10 novembre 1630

La journée des dupes

Ou comment Richelieu, au cours d’une journée fatidique, se trouva disgracié le matin et au faîte de sa gloire le soir venu...

 

(Louis XIII et Richelieu, par Jean Alaux, 1832)

En 1630, le cardinal de Richelieu, premier ministre du roi Louis XIII, commence à lancer les bases de ce qui sera le cœur de sa politique : face à la puissance espagnole, l’alliance avec les puissances protestantes.

La reine mère, Marie de Médicis, désapprouve une telle évolution et s’oppose de plus en plus à Richelieu, à qui elle reproche notamment d’avoir mené la guerre en Italie, face à ses gendres de Savoie et d’Espagne. Elle mène le siège de son fils Louis XIII pour qu’il renvoie ce ministre gênant et finit, en septembre 1630, par extirper de lui la promesse qu’il se débarrassera de Richelieu dès que possible. Elle attend alors, fébrilement, le moment favorable…

Ce jour arrive le 10 novembre suivant, lorsqu’au palais du Luxembourg, résidence de Marie de Médicis, une dispute violente éclate entre la reine mère et le cardinal. Le roi assiste à cette scène orageuse, sans dire un mot et profondément troublé. La vieille reine le met au pied du mur et réclame le renvoi de Richelieu que le roi ne semble pas pouvoir lui refuser. L’affaire paraît bouclée : la reine triomphe déjà, les courtisans lui font la cour pour obtenir ses faveurs et Richelieu se prépare à prendre la fuite.

Mais le roi le fait appeler au cours de la journée dans son pavillon de chasse de Versailles. En dépit de la pression de sa mère, Louis XIII est conscient de la loyauté de Richelieu et de son sens du bien commun ; il sait que, sans lui, il se retrouverait seul face au parti des intrigants féodaux. Il renouvelle donc clairement et publiquement, contre toute attente, sa confiance dans le cardinal.

Ce renversement marque un tournant dans le règne de Louis XIII. Le parti de la reine est en effet neutralisé. Le garde des Sceaux, Marillac, est arrêté. Il sera jugé et exécuté en 1632. Le frère du roi, Gaston d’Orléans, prend la fuite.  Même la reine n’est pas épargnée : elle quitte le royaume, se réfugie à Bruxelles et ne reverra jamais son fils.

Richelieu est enfin libre de mener sa grande politique extérieure : faire échec à l’Espagne impériale.




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