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Dernières conversations avec Benoît XVI

Dernières conversations avec Benoît XVI

18-10-2016 à 18:11:52

Quand un vieillard fait part de son expérience, sa parole est toujours intéressante. Quand ce vieillard a eu un destin exceptionnel, son expérience est souvent captivante. Quand il s’agit d’un pape qui livre, au soir de sa vie, les leçons de son expérience, alors on change de dimensions, car on se trouve directement face à la grande histoire, celle de l’Église, du monde et des hommes.

 

Benoît XVI, qui fut pape de 2005 à 2013, vient de publier un livre d’entretien avec le journaliste Peter Seewald. C’est le troisième livre de ce type que les deux hommes écrivent ensemble. Après Le Sel de la terre, puis Lumière du monde, Peter Seewald interroge à nouveau Benoît XVI dans leurs Dernières conversations. Le titre, à lui seul, donne toute son importance à l’ouvrage : voilà un grand homme qui va bientôt quitter cette terre, qui le sait et qui se donne la peine de parler une nouvelle fois à ses lecteurs pour leur confier les détails ou les secrets de sa vie, les bons conseils pour mener une vie vraiment humaine et chrétienne.

Mais cette perspective de la mort, curieusement, ne donne pas à l’aimable conversation du pape et du journaliste une tonalité dramatique. Au contraire, de tout cet échange se dégage une grande sérénité. Cette sérénité, cette absence d’inquiétude, le pape dit, à plusieurs reprises, qu’il la tire de son union au Christ, de cette certitude qu’il est soutenu par Notre Seigneur. Il a fait l’expérience de cette force du chrétien qui vit avec le Christ, spécialement dans les grandes épreuves qu’il a connues pendant son pontificat, quand ses paroles ou ses gestes semblaient incompris du grand public. Cette sérénité vient aussi, semble-t-il, de sa grande lucidité d’esprit. Avec sa profonde intelligence unie à une vraie humilité, l’ancien pape est capable de voir les choses telles qu’elles sont, c’est-à-dire avec leur part de misère et d’obscurité, mais aussi en y voyant le bien et le positif. Il sait aussi reconnaître avec simplicité ses erreurs ou ses manques d’appréciation.

Retenons deux conseils que donne Benoît XVI au cours de ses conversations. D’abord, aux jeunes gens : « Je crois qu’il est dangereux pour un jeune homme d’avancer sans problème d’étape en étape et d’être constamment couvert d’éloges. Il faut qu’il découvre ses limites. Qu’il soit de temps en temps soumis à la critique. Qu’il traverse une phase négative. Qu’il se reconnaisse lui-même en faisant l’expérience de ses propres limites » (p. 118). Puis aux anciens. À la question « Quand on atteint un âge avancé, surtout lorsqu’on est pape, que reste-t-il à apprendre ? », Benoît XVI répond : « On a toujours des choses à apprendre. Pour commencer, il faut continuer à apprendre ce que la foi nous dit à notre époque. Et il faut apprendre à avoir plus d’humilité, plus de simplicité, à accepter la souffrance, avoir du courage pour résister. Plus d’ouverture aussi, et la disposition à aller de l’avant. » (p. 267)

 

Actuailes n°58 – 19 octobre 2016




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