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Des hommes et des bulles

Des hommes et des bulles

18-10-2016 à 22:12:03

À l’occasion de la sortie de son dernier album (cf. page 19), nous avons rencontré pour vous Jean-François Vivier, scénariste de BD. On raconte que, lorsqu’il était tout petit, il est tombé dans la marmite de la bande dessinée… Et depuis il rêve de faire des bulles.

 

Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire de la BD ? Racontez-nous votre parcours ?

J’ai toujours beaucoup aimé la BD. J’ai même appris à lire avec la BD ! J’en ai lu énormément et, tout naturellement, je suis devenu un dévoreur de toutes sortes d’autres livres. C’est comme cela que j’ai développé en parallèle une passion pour l’Histoire.

J’ai eu la chance de travailler un peu dans le milieu de la BD. Cela m’a permis de rencontrer des auteurs et de discuter avec eux de leur métier. J’ai alors créé une structure éditoriale appelée Rêves de bulles* qui m’a permis d’allier ma passion à une belle œuvre. J’ai édité une quinzaine d’albums dans ce cadre, mais cela m’a donné envie d’écrire moi-même. Artège, qui était alors une petite maison d’édition, m’a fait confiance. C’est ainsi qu’est née ma première BD, Tom Morel, avec Pierre-Emmanuel Dequest comme dessinateur en 2012.

Comment choisissez-vous les grandes figures dont vous racontez la vie ?

Tom Morel, Hélie de Saint Marc et Franz Stock sont pour moi des exemples dont j’ai envie de faire découvrir la vie au plus grand nombre. Car ils ont su montrer beaucoup de courage et ne rien renier de leurs convictions.

Comment construisez-vous un scénario de bande dessinée ?

Je commence par lire tous les livres que je trouve sur le personnage qui m’intéresse. Ensuite, je sélectionne les étapes de sa vie qui me semble les plus importantes. Puis, en fonction du nombre de pages dont je dispose, je construis mon histoire.

Il faut réussir à raconter sa destinée, mais aussi sa personnalité et ce qui l’a poussé à agir ainsi. Je pense aussi, bien sûr, au dessinateur et à l’interprétation qu’il va faire de mon texte. Il faut qu’il puisse servir l’histoire tout en réalisant de beaux dessins.

Concrètement, comment se construit votre collaboration avec les dessinateurs ? Travaillez-vous de la même façon avec Denoël qu’avec Dequest ? »

Oui, je travaille sensiblement de la même façon. Je leur envoie à chacun un découpage précis de chaque planche. C’est-à-dire : dans la partie gauche, j’écris les dialogues pour chaque case et, à droite, je décris la case telle que je l’imagine.

Ce qui est intéressant, c’est de découvrir ce qu’ils font de mes descriptions et comment, avec leur regard particulier, ils vont les traduire en dessin. C’est le moment que je préfère dans ce travail, celui de la découverte de l’imaginaire de l’autre. La plupart du temps nos imaginaires se rejoignent, et parfois un peu moins. Il faut alors trouver un terrain d’entente. Ça peut donner lieu à des discussions homériques !

Ce qui les différencie en revanche, c’est la couleur. Denoël travaille ses planches en noir et blanc et c’est ensuite un coloriste qui se charge de la mise en couleurs. Il travaille donc ses noirs en fonction d’un troisième intervenant. Pierre-Emmanuel, lui, travaille à l’aquarelle directement sur ses crayonnés. Cela lui permet de donner une luminosité très fine. J’apprécie de collaborer avec ces deux artistes dont les styles sont très différents.

Peut-on en faire son métier ?

Certainement ! Mais, pour cela, il faut soit écrire beaucoup d’albums, soit en vendre beaucoup. Pour ma part, je fais cela en plus de mon métier, car je ne pourrais pas en vivre… actuellement.

Il existe quelques écoles pour travailler dans la BD. Mais ce sont plutôt des écoles dédiées aux dessinateurs, telle l’école de dessin Émile-Cohl à Lyon.

 

 

 

 

Actuailes n° 58 – 19 octobre 2016




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