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Disparition d’un grand patron : François Michelin

Disparition d’un grand patron : François Michelin

01-05-2015 à 15:23:37

Le leader mondial du pneu est en deuil après la mort d’un patron hors pair qui a fait de Michelin un groupe international.

            Il n’est pas de grande entreprise sans grand patron. La société Michelin, qui construit des pneumatiques depuis 1889, incarne cette maxime. Petit-fils du fondateur de l’entreprise, François Michelin a été aux commandes de 1955 à 1999, contribuant à faire de Michelin un groupe international, leader mondial du pneu. Chef charismatique, visionnaire et soucieux du développement de ses employés, Il s’est éteint le 29 avril.

François Michelin rentre dans la société familiale en 1951, sa licence de mathématiques en poche. Mais avant d’occuper un poste de direction, il suit un parcours initiatique de quatre ans pour comprendre l’activité et vivre le quotidien des ouvriers. Très marqué par ses premières années, il n’aura de cesse de dire aux cadres fraîchement arrivés dans l’entreprise de se méfier du « cimetière des idées » et d’aller plutôt « respirer la gomme » du pneu dans l’usine, au contact de l’ouvrier. Ainsi, pendant deux ans, il travaille avec les équipes qui font les horaires en 3x8 comme ouvrier ajusteur à l’atelier Poids-lourds de l’usine des Carmes de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dome), puis comme confectionneur de pneus pour voitures particulières. Il passera également par les services du commerce et de la recherche, avant d’être cogérant puis seul patron à partir de 1959.

À cette époque, Michelin n’est que le dixième pneumaticien mondial. Lorsque François Michelin quitte la direction du groupe au profit de son fils Édouard quarante ans plus tard, l’entreprise familiale tutoie les sommets : le groupe s’est internationalisé, employant près de 100 000 collaborateurs pour un chiffres d’affaires de 90,28 milliards de francs, soit 13,76 milliards d’euros. Michelin produit des pneus pour les voitures, les trains, les avions, des pneus « basse consommation » ou encore des pneus increvables. Le pneu radial voit également le jour sous l’« ère François » permettant une meilleure adhérence du véhicule et un plus grand confort de conduite.

Aux cadres dirigeants qui estiment alors que l’allongement de la durée de vie de ces nouveaux pneus freinerait leur renouvellement et donc le chiffre d’affaires de l’entreprise, François rétorque que des clients satisfaits en feront venir d’autres. L’avenir lui donnera raison. Les médias saluent l’indépendance d’esprit de ce chef d’entreprise qui décide de maintenir le siège social de Michelin à Clermont-Ferrand (seule entreprise du CAC 40 dont le siège est en province). Surnommé par ses employés « Monsieur François, patron de droit divin » en référence à son charisme et à sa profonde foi catholique, il a imaginé et développé la transition entre un quasi-artisanat au sortir de la guerre et l’automatisation à partir des années 1970.

Lorsqu’il cède sa place à son fils Édouard en 1999, ce dernier lui rendra un hommage pudique mais sincère : « Il est des hommes qui ont marqué leur temps, durablement. Monsieur Michelin, mon père, est de ceux-ci ».

 




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