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Europe : entre rejet et plébiscite

Europe : entre rejet et plébiscite

08-05-2016 à 19:40:42

À l’occasion du 8 mai, jour anniversaire du discours fondateur de Robert Schuman, constatons-le : l’Europe ne fait plus rêver. Le Vieux Continent traverse trois crises qui frappent simultanément son économie, ses institutions et ses nations.

 

Son économie souffre régulièrement de ralentissements, nourrissant chômage, inégalités, rancœurs. Son projet politique semble s’être dissous devant l’incapacité de l’Union à affronter solidairement la situation des migrants gagnant l’Europe. Ses nations elles-mêmes sont saisies d’une angoisse identitaire aussi contagieuse qu’inédite. Pour la première fois depuis la Deuxième Guerre, l’expression de la haine de l’autre se banalise dans les discours politiques. Mais malgré ce tableau plutôt pessimiste, l’Europe semble encore plébiscitée.


En effet, le 7 mai dernier une manifestation monstre – la plus importante de son histoire moderne depuis la chute du communisme – s’est tenue en Pologne (cf. photo ci-dessus). De nombreux Polonais défilaient dans Varsovie pour souligner leur attachement à l’Europe et le souhait de préserver la place de leur pays dans l’Union. « Nous sommes et resterons en Europe » : tel est le mot d’ordre que l’on pouvait entendre dans les rangs, considérant que les dérives nationalistes du gouvernement menacent le statut européen de leur pays.


Le second signe nous vient du Vatican. S’étant récemment rendu sur l’île grecque de Lesbos pour appeler l’attention des dirigeants européens sur la tragique situation des migrants, le pape François s’est vu remettre le prix Charlemagne*. Chefs d’états et responsables des commissions de l’UE ont ainsi voulu souligner l’engagement du souverain pontife en faveur de l’unification européenne. Rêvant d’un nouvel humanisme européen, le pape a exhorté les dirigeants du Vieux Continent, tous présents au Vatican, à dépasser les égoïsmes nationaux pour « construire des ponts et abattre des murs », et à changer leur modèle économique, qu’il a jugé injuste à l’égard du plus grand nombre.
La veille, dans la salle même où fut signé le traité de Rome en 1957, désabusés, les dirigeants européens avaient fait le constat de leur désarroi face à la montée des populismes en Europe.
En quête d’espérance, c’est sans doute un signe que l’Europe vienne chercher conseil auprès de Rome !

*Le prix international Charlemagne d’Aix-la-Chapelle est la récompense rendant hommage à l’engagement en faveur de l’unification européenne. Charlemagne était considéré comme le « père de l’Europe » par ses contemporains. Il est décédé à Aix-la-Chapelle le 28 janvier 814.

Actuailes n°52 – 11 mai 2016




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