Logo
Fortune et misère de la grande distribution

Fortune et misère de la grande distribution

29-11-2017 à 06:39:25

Pendant de nombreuses années, la grande distribution était un secteur d’activité florissant qui a fait la fortune de plusieurs familles pionnières dans ce domaine, la plus connue d’entre elles étant celle des Mulliez (Auchan, Décathlon, Leroy Merlin). Toutefois, ce secteur est en complète mutation et nombreux sont ceux qui lui prédisent un avenir compliqué.

Lointain est le temps où la grande distribution se développait sur des terres vierges. Aujourd’hui, ce sont plus de 12 000 hypermarchés et supermarchés qui se livrent une concurrence acharnée. Certains experts considèrent que des surcapacités (trop d’offres par rapport à la demande) existent sur ce marché. En effet, les acteurs en compétition sont légion (Carrefour, Auchan, Leclerc, Système U, Casino, Lidl, Leader Price, Cora, Intermarché…).

En outre, la déflation (baisse des prix) qu’a connue l’Europe ces dernières années n’a pas aidé la grande distribution, qui supporte d’importants coûts fixes : l’immobilier et la masse salariale de ses employés.

De plus, les nouvelles pratiques de consommation se développent, dont l’exigence de proximité (consommer tout de suite, près de chez soi). Ce qui réduit l’attrait des grandes surfaces éloignées des centres-villes, que certains, dans un passé peu éloigné, considéraient comme un temple de la consommation et du loisir. Les petites surfaces sont davantage fréquentées. D’où les problèmes des groupes qui ont des parcs très importants d’hypermarchés (50 % du chiffre d’affaires de Carrefour en France sur ce segment).

Enfin, le développement d’Internet rend moins cruciale l’importance du réseau de magasins physiques. De nouveaux entrants en ligne font leur apparition et prennent une part du marché aux acteurs historiques. Ces entreprises du e-commerce surfent sur la révolution digitale et l’usage de plus en plus fréquent que nous faisons de nos téléphones mobiles. Au premier rang d’entre eux, Amazon, qui offre de plus en plus d’articles et des services de livraison sans cesse plus aboutis.

La grande distribution a en partie remplacé les petits commerces. S’apprête-t-elle aussi à être remplacée par les acteurs en ligne ? Rien n’est sûr et le phénomène prendrait beaucoup de temps. Mais, si tel était le cas, serait-ce une autre illustration du phénomène de « destruction créatrice » (innovations entraînant la disparition d’acteurs économiques) que l’économiste Joseph Schumpeter met au centre de la vie économique ?

Xavier de Corsac

Actuailes n° 77 – 29 novembre 2017




Imprimer