Logo
Francois Hollande l’Africain

Francois Hollande l’Africain

23-04-2017 à 14:45:34

Durant cinq années, l’Afrique aura tenu une place bien particulière et inattendue pour notre président.

 

Quand il est élu président de la République en 2012, François Hollande connaît peu et mal le continent africain. Lorsqu’il était élève à l’École nationale d’administration (ENA), il a fait un stage à l’ambassade de France à Alger. Il a ensuite eu l’occasion de rencontrer quelques responsables des partis socialistes africains. Mais c’est à peu près tout.

Le Parti socialiste, qu’a longtemps présidé François Hollande, a souvent été critique de la politique de la France en Afrique, dénonçant un interventionnisme exagéré, c’est-à-dire une immixtion de la France dans les affaires intérieures des pays africains.

Pourtant, durant son quinquennat, l’actualité africaine va se rappeler souvent au souvenir du président de la République, d’ordinaire plus intéressé par les questions économiques et sociales que par les relations internationales.

Dans le domaine économique, les entreprises françaises ont maintenu durant le quinquennat leurs positions en Afrique (en 2015, la croissance des exportations de la France vers l’Afrique a augmenté de 4 %) tout en étant toujours plus concurrencées par l’Inde ou la Chine. La France a ainsi perdu sa place de premier fournisseur de l’ensemble des pays de la zone Franc. Ces cinq années de présidence auront également été marquées par deux grands sommets diplomatiques Afrique-France, un à Paris en décembre 2013, un autre à Bamako, au Mali, en janvier 2017.

Mais ces cinq années de présidence auront surtout été dominées par la place très importante que vont prendre les questions stratégique et militaire. Principalement du fait du développement de la menace djihadiste.

 

Au mois de janvier 2013, le président Hollande autorise une opération commando en Somalie visant à libérer un agent de la DGSE prisonnier depuis plus de trois ans. La même semaine, répondant à un appel au secours du Mali, François Hollande déclenche, toujours en qualité de chef des armées, l’opération Serval visant à sauver ce pays du péril djihadiste. L’opération connaît un véritable succès initial. C’est la plus importante conduite de manière autonome par l’armée française depuis la guerre d’Algérie. Elle se transforme ensuite en l’opération Barkhane et prend une dimension régionale de lutte contre les groupes terroristes qui agissent au Sahel.

C’est aussi en 2013 que la France intervient militairement en République centrafricaine pour éviter à ce pays, déjà terriblement pauvre, de sombrer davantage encore dans l’anarchie. L’opération Sangaris s’achève en 2016.

Paradoxalement, la conseillère diplomatique pour l’Afrique de François Hollande, Hélène Le Gall, n’a pu parvenir à se faire accepter comme ambassadrice sur ce continent. Le ministre de la Défense, Jean-Yves le Drian, a lui été surnommé « le ministre de l’Afrique ». Il y a effectué plus d’une quarantaine de déplacements durant ces cinq années incarnant ainsi la politique africaine inattendue de François Hollande.

 

Actuailes n° 68 – 26 avril 2017

 

 

 

 

 

Dans Tombouctou libéré par l’armée française, François Hollande s’exclame, le 2 février 2013 : «C’est le plus beau jour de ma vie politique !»

 




Imprimer