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L’hommage national

L’hommage national

12-12-2017 à 19:02:59

Cette semaine, deux grandes personnalités françaises nous ont quittés, Jean d’Ormesson de l’Académie française, écrivain célèbre et médiatique, et Johnny Halliday qu’on ne présente plus. Très vite la question s’est posée au sommet de l’État de savoir comment la France allait participer aux funérailles de ces deux célébrités.

 

Il est en effet d’usage que l’État français se manifeste lors du décès de grandes personnalités en leur rendant un dernier hommage. Cet hommage peut prendre diverses formes.

Les funérailles nationales

Les funérailles nationales étaient initialement accordées à des personnalités incarnant l’État. Par la suite, au XIXe siècle, elles ont pu être organisées pour des militaires, des savants ou des écrivains. Elles relèvent d’une décision du président de la République et les frais sont entièrement pris en charge par l’État.

Victor Hugo, Colette, Louis Pasteur, Aimé Césaire ont eu droit à des obsèques nationales.

L’entrée au Panthéon

L’État peut accorder la plus haute des reconnaissances en faisant entrer la sépulture d’un défunt au Panthéon. Le Panthéon est un monument parisien dans lequel sont enterrés de grands personnages ayant marqué l’Histoire de France. On y trouve les sépultures, entre autres, d’André Malraux, de Victor Hugo, de Jean Moulin, d’Émile Zola, d’Alexandre Dumas ou de Marie Curie.

La dernière personne « entrée au Panthéon » est Simone Veil, accompagnée de son mari, Antoine.

Le deuil national

Le deuil national est une décision rarissime prise par le chef de l’État, qui consiste à mettre en berne les drapeaux sur les édifices publics pendant un à plusieurs jours, parfois à fermer les administrations publiques et à respecter dans toute la France une minute de silence.

Le deuil national a été prononcé sept fois, dont quatre fois depuis septembre 2001 sous la VRépublique : après les décès des présidents de la République Charles de Gaulle, Georges Pompidou et François Mitterrand, et, dans d’autres circonstances, après les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis et ceux commis en France.

L’hommage national

Plus courant, le terme d’« hommage national » correspond à des obsèques au cours desquelles le président de la République prononce un éloge funèbre. L’hommage national ne fait pas l’objet de règles précises, si bien que l’organisation de cet hommage dépend des circonstances et des personnalités. Le plus souvent, une cérémonie a lieu dans la cour des Invalides.

Traditionnellement, cet hommage était réservé aux militaires morts au service de la France. Par la suite, il a aussi été rendu à des personnalités civiles, souvent politiques ou issues du monde scientifique.

Par exemple, Simone Veil, André Malraux, le commandant Cousteau et l’abbé Pierre ont été honorés de cette façon.

Parfois, un hommage national peut être rendu à des anonymes. Ce fut le cas lors des cérémonies organisées pour les cent trente victimes des attentats de Paris.

C’est ce type d’hommage national qui a été rendu à Jean d’Ormesson vendredi matin dans la cour des Invalides en présence des anciens chefs d’État Nicolas Sarkozy et François Hollande et de nombreuses personnalités issues du monde politique.

Lors de cet hommage, le président, Emmanuel Macron, a souligné la carrière, les œuvres littéraires et la personnalité hors du commun de Jean d’Ormesson.

L’hommage populaire

L’« hommage populaire » est un nouveau concept apparu à la suite du décès de Johnny Hallyday. Son décès a provoqué une telle émotion en France que l’État a voulu organiser un hommage sur-mesure en prévoyant un événement en plein Paris.

Les fans n’auraient sans doute pas compris un hommage dans un lieu militaire !

Lors de cet hommage, la dépouille de Johnny Hallyday a descendu les Champs-Élysées et traversé la place de la Concorde. Avant qu’une cérémonie ait lieu dans l’église de la Madeleine, Emmanuel Macron a prononcé un éloge funèbre sur les marches de l’édifice religieux. L’événement a été retransmis sur plusieurs chaines de télévision et plusieurs centaines de personnes ont bravé le froid pour y assister.

Cet hommage populaire et l’importance de l’événement témoignent sans doute de l’évolution de notre société. Désormais, l’État français rend hommage non seulement aux serviteurs de l’État, mais aussi aux idoles du monde médiatique.

 

 

Virginie Terrier

 

    Actuailes n° 78 – 13 décembre 2017

 




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