facebook logo Twitter logo

facebook logo Twitter logo

Logo Header
Télécharger dernier numéro
La France est en guerre

La France est en guerre

24-11-2015 à 20:59:55

Comme le reconnaissait le président de la République le soir des attentats, la France est en guerre. Contre qui ? Le Premier ministre est venu le dire aux députés : contre l’islamisme radical. À ce titre, Daesh n’en constitue qu’une partie et d’autres groupes, comme Al Qaeda, représentent aussi une menace pour notre pays. Mais quelles vont être les conséquences de cette guerre ?

Sur le plan intérieur

Comme vous l’avez peut-être constaté de vos propres yeux, la sécurité a été renforcée dans beaucoup de lieux publics et sur les frontières. L’état d’urgence a été décrété pour trois mois, offrant plus de liberté à la police dans sa lutte contre les terroristes. (voir article…). Des militaires supplémentaires ont renforcé l’opération Sentinelle. Afin de prévenir de nouveaux attentats, et ne pas offrir de cibles faciles, des sorties scolaires ont été annulées, ainsi que des concerts ou des manifestations.

Le président de la République a appelé à l’unité nationale. C’est-à-dire qu’il a demandé à ses opposants politiques, et à tous les Français, de faire taire leurs divisions afin d’opposer un front uni face à l’ennemi. Le président a également décidé la création de 5000 postes de policiers et gendarmes, 1000 postes de douaniers et 2500 postes au ministère de la Justice, ainsi que l’arrêt des suppressions de postes de militaires. Le débat sur le rétablissement du service militaire (chaque jeune français passe plusieurs mois dans l’armée) a également ressurgi.

Sur le plan extérieur

La France a reçu de nombreux témoignages d’amitié du monde entier à l’issue des attentats. De nombreux chefs d’État ont exprimé leur solidarité et proposé l’aide de leurs pays. Mais cet élan a été beaucoup plus large que les seuls dirigeants. Ainsi, les messages se sont multipliés sur les réseaux sociaux et la Marseillaise a même été jouée au début de nombreuses rencontres sportives dans des stades parfois illuminés de bleu-blanc-rouge.

La France a décidé d’intensifier ses frappes aériennes contre Daesh en Syrie. Pour cela, le porte-avions Charles-de-Gaulle a quitté Toulon avec à son bord des avions Rafale qui vont pouvoir bombarder les positions des islamistes.

Enfin, la France s’est rapprochée de la Russie afin de mieux coordonner la lutte contre Daesh et les islamistes en Syrie. C’est un spectaculaire retournement car les relations entre nos deux pays étaient jusqu’à présent très fraîches, en particulier depuis la crise ukrainienne.

Les leçons à tirer d’un échec

Ces attaques étaient certes prévisibles, et même annoncées par certains spécialistes. Elles ont toutefois sidéré les Français par leur ampleur. En dépit de l’immense qualité de nos services de police et de renseignement, ces attaques constituent un échec qui rappelle qu’« à la guerre il n’y a pas de meilleur professeur que l’ennemi, mais ses leçons coûtent cher ». Afin de gagner cette guerre, il s’agit donc de tirer les leçons de ce drame afin de trouver des solutions.

En premier lieu, la France constate que de nombreux islamistes résident sur son sol. Le Premier ministre a parlé de plus de 10 000 personnes dangereuses suivies par la police. Certains sont aguerris car ils ont combattu en Syrie. Mais leur suivi est-il efficace ? Les services de police ont-ils les moyens de le faire ? N’avons-nous pas été trop laxistes vis-à-vis de leur propagande, en particulier sur l’Internet ?

En second lieu, les Français constatent que des armes circulent facilement. De nombreux quartiers échappent désormais au contrôle de l’État et vivent sous la domination des trafiquants de drogue et des islamistes. La police a multiplié les interventions cette semaine dans ces quartiers dits « sensibles ». Mais jusqu’où iront ces efforts ? Cela ne risque-t-il pas de déclencher des émeutes ?

De plus, les Français constatent que, les frontières ayant formellement disparu au profit de frontières européennes, un terroriste peut se déplacer dans toute l’Union européenne sans être repéré par la police. Des armes peuvent également être importées facilement, en particulier en provenance d’anciens pays en guerre comme l’Albanie ou l’ex-Yougoslavie. Enfin, des terroristes semblent avoir profité des flux de migrants pour s’infiltrer. Les contrôles aux frontières françaises ont été rétablis. Cela signifie que l’on doit montrer ses papiers aux policiers et douaniers quand on arrive ou sort de France. Notre voiture peut également être fouillée. Mais ces mesures sont-elles uniquement provisoires ? Ou amenées à durer, remettant ainsi en cause la liberté totale de circulation dans l’Union européenne, pilier de sa construction ?

Enfin, la France avait jusqu’à présent une politique étrangère accommodante avec des pays qui entretiennent des liens étroits avec les islamistes : Qatar, Arabie Saoudite ou encore Turquie.

L’espérance toujours

Les Français, le soir des attentats, ont une nouvelle fois démontré leur courage et leur détermination. Les héros ne manquent pas et Actuailes leur rend hommage, ainsi qu’à l’ensemble des familles endeuillées. Toutefois, la tâche est immense et concerne l’ensemble des Français. Elle ne repose pas sur les personnes en charge de la défendre ou sur des slogans. Après avoir vécu soixante-dix ans dans une relative tranquillité, les Français vont devoir apprendre à vivre différemment. Une guerre est menée par un pays entier, la population devant soutenir ses soldats. Nous devons garder l’espérance, affirmer les valeurs de notre civilisation et puiser dans notre Histoire afin de trouver la force nécessaire pour surmonter les défis à venir.




Imprimer