Logo
La nouvelle ruée vers l’or

La nouvelle ruée vers l’or

12-12-2017 à 20:15:01

Face à l’augmentation du cours du bitcoin, l’Autorité des marchés financiers1 a émis début décembre un avertissement sur l’utilisation des bitcoin, litecoin, ethereum, Ripple et autres « crypto-monnaies »2. Profitons-en pour faire un petit point sur leur fonctionnement !

 

Les crypto-monnaies sont basées sur le principe du « blockchain » : un grand livre de comptes, qui répertorie toutes les transactions faites depuis toujours, et accessible à tout le monde. Un peu comme si tous nos achats, revenus ou dépenses étaient rendus publics. L’intérêt ? Tracer en permanence tous les mouvements d’argent, donc une confiance parfaite. L’inconvénient ? Il faut que quelqu’un s’occupe de tenir ce livre de comptes. Et cela ne peut être un pays, car ces monnaies se veulent indépendantes...

C’est là qu’entrent en jeu les petites mains des crypto-monnaies : les « mineurs » ! Ce sont des gens ou des entreprises qui acceptent de travailler pour la crypto-monnaie : ils en valident les transactions et en gardent l’historique. Ils fonctionnent un peu comme une armée de comptables indépendants. Les transferts de monnaie entre deux utilisateurs 1 sont envoyés vers des nœuds du réseau dont le rôle est de les transférer à tous les « mineurs »  2, qui les regroupent dans des « blocks », sortes de pages de registre 3Pour interdire les changements sur ces pages une fois complétées, les « mineurs » génèrent un code, qui dépend de toutes les écritures qu’elles contiennent.

Le « mineur » qui, le premier, réussit à générer un code accepté par l’algorithme bitcoin partage alors la page terminée 4. Tous les autres « mineurs » vérifient le code et sa cohérence avec la page, puis l’enregistrent. Chacun joint ce block à tous ceux qu’il a déjà : il ajoute un maillon à la « blockchain » 5.

La difficulté réelle du « minage » réside dans la génération d’un code valide le plus rapidement possible, car cela nécessite de répéter des opérations de cryptage un très grand nombre de fois. Pour cela, les « mineurs » mettent au service du réseau de gros ordinateurs avec une forte puissance de calcul. Il est donc juste qu’ils soient rémunérés et ils reçoivent, à chaque fois qu’ils ont terminé un block, quelques unités de crypto-monnaie. Par exemple, un « mineur » de bitcoin gagne aujourd’hui environ 12,5 bitcoins pour chaque block construit, et la construction de chaque block prend environ dix minutes. C’est de cette forme de rémunération que vient le nom de « mineur », et c’est ainsi que le volume de crypto-monnaie disponible augmente dans le temps.

Il peut sembler très rémunérateur de « miner » des crypto-monnaies, mais la réalité est que cela demande des ordinateurs spécialisés très puissants, qui consomment énormément d’énergie. Ce n’est donc pas à la portée de tout le monde… Et la consommation d’énergie que représente le « minage » des bitcoins, par exemple, est environ égale à celle de 3 millions de foyers américains en 2017 ! Cela est source de nombreux débats sur la soutenabilité des crypto-monnaies dans le temps.

 

1. L’Autorité des marchés financiers est un organisme public qui veille à l’information des investisseurs en France.

2. Monnaie virtuelle utilisable grâce au réseau Internet et sécurisée par des méthodes de cryptographie. (Cf. n° 70.)

Pour savoir plus sur l’argent virtuel, retrouver l’article «  Bitcoins et rançons » dans le n° 70 d’Actuailes.

 

 

Malo du Bretoux

 

 

 Actuailes n° 78 – 13 décembre 2017




Imprimer