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Le traité de Gand

Le traité de Gand

10-01-2017 à 22:21:29

Le 17 février 1815 : le traité de Gand clôt un épisode méconnu, mais pourtant fondateur de l’identité américaine : la guerre américano-anglaise de 1812.

Au début du XIXe siècle, l’Angleterre livre une guerre difficile contre Napoléon. Dans ce contexte, les États-Unis constituent un enjeu, car ils approvisionnent Britanniques et Français. Napoléon décide dès 1806 un blocus des îles britanniques (sorte de guerre économique contre leur commerce mondial) dans le but de les affaiblir. Londres y répond en 1807 : les États-Unis doivent désormais obtenir l’autorisation des Britanniques pour commercer avec la France. De plus, ils humilient la marine US en fouillant ses navires à la recherche de contrebande ou de déserteurs britanniques, voire en forçant des marins américains à travailler sur leurs bateaux. Parallèlement, les Britanniques encouragent les Indiens à ses rebeller contre l’expansion des Américains vers l’ouest de leur continent. Ces mesures conduisent à la guerre déclarée par les US le 18 juin 1812.

Elle débute par des attaques contre le Canada britannique, à terre bien sûr, mais aussi sur les lacs canadiens, (Supérieur, Erie et Ontario). Bien que plus nombreuses, les forces US, mal préparées, obtiennent des résultats mitigés contre des Anglais très professionnels et alliés avec des tribus indiennes efficaces. Bientôt les seuls Américains présents au Canada ne sont que les prisonniers de guerre ! Lorsque Napoléon perd la guerre européenne en 1814, Londres peut se consacrer pleinement à celle qui se déroule en Amérique du Nord au point de la livrer aussi sur la terre ferme. Le 24 avril 1814, la capitale Washington est prise, le Capitole et la Maison blanche sont brulés.

Cinq mois plus tard, plus au Nord, les défenseurs US de Fort Henry à Baltimore résistent héroïquement à un bombardement de vingt-cinq heures par la marine britannique ; au petit matin, dans un élégant geste de résistance, les Américains hissent leur immense drapeau, scène-clef du patriotisme américain. Ce revers conduit les Britanniques à négocier la paix en Belgique, à Gand, par l’entremise du tsar russe.

Cette guerre limitée eut différentes conséquences. Du côté US, la fierté nationale s’accrut au point que certains parlèrent même de « seconde guerre d’indépendance » ; en effet, les victoires de ce jeune pays constituèrent des indices de son potentiel de grande puissance. A contrario, la déception fut grande de ne pas réussir à conquérir le Canada. Toutefois les visions nationales de cette guerre furent ensuite très différentes au point qu’un historien canadien put en dire « qu’elle rendit tout le monde heureux, chacun pouvant l’interpréter à son avantage. »

 Actuailes n° 62 – 11 janvier 2017




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