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Linky : électricité et polémique

Linky : électricité et polémique

25-04-2017 à 22:35:05

Peut-être faites-vous partie des 3,9 millions de foyers équipés du nouveau compteur électrique Linky. À la clé, plus de services mais aussi des controverses… 

 

Le coffret Linky est « intelligent » : il peut recevoir des ordres et envoyer des données sans l’intervention physique d’un technicien. Sa mission est de collecter la consommation journalière du domicile, via les fils électriques du réseau de l’habitation, et de les transmettre à un concentrateur. Situé dans un poste de distribution de la commune, ce concentrateur transmet ces données au gestionnaire du réseau de distribution d’électricité.

Filiale de distribution d’électricité d’EDF, Enedis (de son ancien nom : ERDF) s’est donné comme objectif de remplacer 90 % des anciens compteurs dans 35 millions de foyers en France d’ici à 2021. L’opération a débuté le 1er décembre 2015 et près de 20 000 foyers sont remplacés par jour.

Enedis met en avant les nombreux avantages liés à l’utilisation de ce nouveau compteur. En premier lieu, l’entreprise estime que la facture adressée au consommateur ne sera plus basée sur des estimations, mais sur la consommation réelle. En effet, jusqu’à présent, le gestionnaire de réseau ne pouvait évaluer la consommation du foyer que par l’intermédiaire du relevé semestriel ou annuel d’un technicien sur site. Avec Linky, le technicien n’a plus besoin de se déplacer : le compteur envoie lui-même les données au gestionnaire et selon une fréquence plus importante. Ces données sont également à la disposition du consommateur, via Internet, lui permettant de maîtriser sa consommation. Linky offre d’autres services, notamment celui d’adapter rapidement (en moins de 24 heures) la puissance du compteur ou de modifier son contrat.

Néanmoins, ce compteur intelligent compte aussi de nombreux détracteurs. Ainsi, certaines communes1 ont refusé cette opération pour des motifs liés à des enjeux de santé publique. Le compteur Linky nécessite l’utilisation de la technologie « courant porteur en ligne » (CPL), émettant des ondes, dites « radiofréquences » dont l’accumulation avec des ondes émises par d’autres objets connectés dans la maison peut avoir un effet cancérigène pour l’homme. Enedis, s’appuyant sur des études scientifiques, conteste toute dangerosité liée à la mise en œuvre du compteur.

D’autres détracteurs brandissent la défense des libertés individuelles, craignant à terme que ce compteur puisse exploiter des données liées à la vie privée des consommateurs. Sur ce point, Enedis rétorque que le compteur n’enregistre que la consommation globale du foyer et que son activité est soumise au contrôle de la CNIL2. Enfin, certains agitent l’argument financier en dénonçant l’augmentation de la facture d’électricité pour compenser le coût de l’opération, estimée à 5 milliards d’euros.

 

1. Ce sont les communes qui sont propriétaires des compteurs électriques des habitations et non les consommateurs.2. CNIL : Comité national de l’informatique et des libertés, organisme de surveillance qui veille au respect de la vie privée et des droits de chacun dans le « monde numérique ».

 

Actuailes n° 68 – 26 avril 2017

 

 




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