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Ma a’jab el khabar1!

Ma a’jab el khabar1!

15-11-2016 à 22:36:30

Ça faisait plus de deux ans. Plus de deux ans sans président pour le Liban. Mais voilà. Le 31 octobre dernier, le général chrétien Michel Aoun a été élu président de la République. Pourquoi un si long délai ? Qu’est-ce-que cela signifie pour l’avenir ?

 

Au Liban, l’élection présidentielle ne se fait pas au travers du « suffrage universel », c’est-à-dire que ce n’est pas le peuple qui élit le président (comme en France). Il est élu par les députés. Jusqu’à présent, ces derniers étaient divisés politiquement et confessionnellement2. À chaque fois que le Parlement (l’ensemble des députés) voulait élire un président, les vingt députés du bloc parlementaire chrétien de Michel Aoun et les treize députés du Hezbollah (le parti de Dieu, musulman chiite) bloquaient les élections.

L’élection de M. Aoun est le fruit d’un laborieux compromis entre les principaux partis politiques. Mais elle est aussi le résultat d’un incroyable compromis entre l’Iran et l’Arabie saoudite qui habituellement se déchirent. En effet, l’Iran soutient le Hezbollah. L’Arabie saoudite soutient des partis politiques opposés au Hezbollah (comme le Courant du futur, parti politique de Saad Hariri, musulman sunnite). Cet accord entre ces deux puissances opposées que sont l’Iran et le royaume saoudien peut s’expliquer par leur volonté commune d’épargner (pour leur propre intérêt naturellement) au moins un territoire au Moyen-Orient, tandis que la guerre ensanglante la Syrie voisine et l’Irak.

Les problèmes seront-ils pour autant résolus au Liban à l’avenir ? Premièrement, Michel Aoun a 81 ans. Que va-t-il se passer s’il meurt… ? Une autre personnalité charismatique pourra-t-elle dépasser les disputes libanaises et susciter le compromis des grandes puissances ? Deuxièmement, même si de nombreux Libanais veulent la paix à tout prix, la société restent divisée entre chrétiens, musulmans sunnites, musulmans chiites, druzes, etc.

 

1 « Quelle nouvelle incroyable ! » Traduction de l’arabe classique.

2 Confessionnellement : se rapportant aux confessions (religions).

 

 Actuailes n° 59 – 16 novembre 2016

 




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