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Noël de guerre

Noël de guerre

10-01-2017 à 20:47:46

Je reviens d’Irak où j’ai fêté avec les chrétiens de là-bas la naissance du Sauveur.

 

Tu sais que le 6 août 2014 toute la population chrétienne de la plaine de Ninive (au nord et à l’est de Mossoul) a fui vers Erbil au Kurdistan irakien pour échapper aux djihadistes de L’État islamique. Actuellement, l’armée irakienne mène des combats très rudes à Mossoul pour reprendre la ville et chasser Daech. Le président François Hollande s’est d’ailleurs rendu il y a quelques jours à Bagdad, puis à Erbil, pour manifester le soutien de notre pays aux armées irakiennes et kurdes. Des soldats français se trouvent actuellement sur place pour aider ces deux armées dans leur effort de reconquête.

C’est dans cette ambiance curieuse, où se mélangent à la fois la peur des attentats (comme le 31 décembre, à Bagdad), la violence de la guerre et l’espérance de la paix, que les chrétiens d’Irak ont célébré la naissance du Sauveur dans le dénuement de la crèche.

Les prêtres et évêques que j’ai rencontrés ont une tâche difficile à accomplir dans ces circonstances très éprouvantes, qui peuvent ruiner l’espérance chrétienne. Imagine que, du jour au lendemain, tu perdes ta maison, ton église, ton école, ton travail… C’est la situation de centaines de milliers de chrétiens. Si tous gardent la foi, nombreux sont ceux qui sont gagnés par le désespoir et la tentation de quitter leur pays pour recommencer une nouvelle vie, en Europe, en Amérique du Nord ou en Australie.

Pour redonner du courage à ses fidèles, voici la leçon qu’a donnée un des prêtres de là-bas. Lors de l’office de Noël, il a d’abord invité à prier pour les soldats qui combattent sur le front. Puis il a montré à la foule un calice et une patène complètement déformés par le feu : ces objets liturgiques ont été récupérés dans une église incendiée par Daech. En montrant ces objets, devenus monstrueux et incapables de remplir leur fonction, ce prêtre a manifesté que, malgré la situation terrible qui était la leur, les chrétiens continuent et continueraient à célébrer la victoire du Christ, le mystère de son Corps et de son Sang (représentés par la patène et le calice). Oui, le Christ fut bafoué, injurié, fouetté, puis cloué sur une croix. Oui, le Christ est mort sur la Croix. Mais il est ressuscité et il vit aujourd’hui dans l’âme de chaque croyant en état de grâce. Cette vérité-là, nulle injure, nulle menace, nul coup ne peuvent la détruire.

Chrétiens, nous sommes fils de la victoire ! Victoire sur le péché et la mort, victoire de la lumière et de la joie ! Et cette victoire, c’est un petit enfant qui l’a remportée 

 

 

 

Actuailes n° 62 – 11 janvier 2017

 




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