Logo

Rupe Rupe (La cueillette des fruits) Paul Gauguin (1848-1903)

15-11-2016 à 23:01:28

 

Gauguin était à Tahiti lorsqu’il a peint ce tableau. Peut-être imaginait-il découvrir le paradis dans les îles de Polynésie ? L’atmosphère décrite ici est paisible, celle toute simple d’une vie où domine la nature.

 

Le ciel est jaune, ce qui pourrait surprendre, mais cette couleur rappelle la chaude lumière des îles et vient illuminer la scène, contrastant avec l’ombre dans laquelle sont situés les personnages. Des feuillages clairs, stylisés, s’incrustent sur ce ciel d’or.

La scène se déroule comme une frise. Deux femmes, à gauche, portent l’une des fruits, l’autre des fleurs, les deux représentant l’abondance d’un paradis terrestre, au bout du monde….

 

Le visage de celle qui nous regarde est fin et délicat, alors que les pieds, carrés et épais, apparaissent comme négligés. Sa poitrine est nue, mais elle ne cherche ni à choquer, ni à provoquer dans cette tenue qui évoque la simplicité de ces terres lointaines. Les vêtements sont d’ailleurs sans sophistication, sans travail de drapé, simples jupes ou tuniques. Une autre femme, de dos, est à la cueillette. Difficile d’identifier de quel arbre il s’agit. Comme la végétation est traité en aplats*, les espèces ne sont pas reconnaissables, mais la nature semble riche et généreuse, fleurs et fruits ne manquent pas.

Le cavalier, situé à droite, entièrement nu sur sa monture, semble dormir, comme dort aussi la chienne du premier plan, pendant que ses chiots, encore maladroits, jouent auprès d’elle. Le noir du cheval contraste avec la palette vive du tableau.

 

*aplat : surface de couleur uniforme, sans relief ni détails.

 

 

La fondation Louis-Vuitton présente actuellement l’exposition « Icônes de l’art moderne, la collection Chtchoukine ». À voir jusqu’au 20 février 2017. Le billet de l’exposition (à prendre à l’avance pour éviter une attente prolongée) inclut l’entrée au Jardin d’acclimatation, à Paris.

 

 

 Actuailes n° 59 – 16 novembre 2016




Imprimer