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Sara avec son chien de Mary Cassatt (1844-1926)

Sara avec son chien de Mary Cassatt (1844-1926)

28-11-2017 à 21:04:18

Mary Cassatt, Sara avec son chien. Pastel, vers 1901. © Petit Palais / Roger-Viollet

Nous devons le portrait de cette charmante enfant à Mary Cassatt. Cette artiste était américaine, mais a vécu l’essentiel de sa vie en France, appréciant de travailler avec les peintres impressionnistes et d’exposer en leur compagnie. Elle qui n’a jamais eu d’enfant s’est plu à peindre l’enfance et la vie familiale avec tendresse, leur consacrant une grande partie de son œuvre.

 

Le tableau est peint au pastel. Il s’agit d’une sorte de craie colorée par des pigments minéraux, organiques ou végétaux. Le pastel permet aux artistes de travailler avec un matériel peu encombrant, ce qui est très appréciable en extérieur. Il donne un rendu doux et soyeux, que l’on retrouve ici particulièrement bien dans la carnation de la peau, la douceur des joues bien rondes, les mains et les bras tout potelés. L’œuvre est pleine de fraîcheur. On voit bien que l’enfant tient fermement les pattes de son chien, mais on imagine qu’il n’en faudrait pas beaucoup pour qu’il s’échappe ! Essaie-t-elle de lui faire tenir la pose, comme on le lui a demandé pour que le peintre puisse achever son travail ? Elle aime cette petite boule de poils prête à bondir et cela se voit.

Nous ne saurons rien du décor dans lequel se déroule la scène. Mary Cassatt nous propose juste un joli moment de tendresse entre la jeune maîtresse et son compagnon à poils.

Remarquez la technique utilisée pour représenter la robe et le chien : de grands traits de couleurs, suggérant l’étoffe et le pelage. Et ce n’est pas l’absence de détails qui empêche l’expression ! Quelques traits rendent parfaitement le regard de l’animal. Les yeux, bien noirs, lui donnent de la vivacité.

Le grand chapeau, certainement en paille, est dans les mêmes tons que les cheveux qu’il couvre presque totalement. Il est tenu serré par un large ruban vert orné d’un fruit, une pomme peut-être. Le vert sombre du ruban rappelle celui des yeux de l’enfant et tranche avec les tons clairs de la peau et du vêtement.

 

Jusqu’au 8 avril 2018, le Petit Palais, à Paris, expose cent cinquante pastels issus de ses collections. Cette technique étant particulièrement sensible à la lumière, les œuvres sont rarement présentées au public car elles nécessitent une conservation minutieuse.www.petitpalais.paris.fr

Sophie Roubertie

  Actuailes n° 77 – 29 novembre 2017




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