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Vaccin La mémoire dans la peau

Vaccin La mémoire dans la peau

18-10-2016 à 21:36:03

Une grande consultation devrait avoir lieu prochainement en France au sujet de la vaccination. Beaucoup d’informations circulent, soit pour affirmer la nécessité des vaccins, soit pour témoigner de leurs dangers. Il est donc utile, avant de discuter de la façon dont on les utilise, de bien comprendre d’où vient la vaccination et comment elle fonctionne.

 

Le mot « vaccin » vient du mot latin vacca qui signifie vache. En effet, en 1796, un médecin anglais du nom d’Edward Jenner inocula (introduisit dans le corps) d’un jeune garçon la « variole de la vache », une forme un peu différente de la maladie de la variole humaine, dont les épidémies provoquaient un décès pour trois à cinq patients. Puis il lui injecta le virus de la variole et constata que l’enfant ne contractait pas la maladie : le vaccin l’avait protégé.

Lorsqu’un agent infectieux (virus ou bactérie) pénètre dans le corps, il est détecté par notre système de défense, le système immunitaire, qui reconnaît des molécules de sa surface, appelées « antigènes ». Certains globules blancs ou lymphocytes, qui sont des cellules immunitaires fabriquées dans la moelle osseuse, produisent alors des anti-corps pour détruire l’intrus porteur de l’antigène. Certains gardent la mémoire de cet antigène (lymphocytes B et T « mémoires »), afin que le jour où ils le rencontrent de nouveau, la réponse soit plus rapide et efficace, ce qui explique pourquoi beaucoup de maladies ne peuvent pas s’attraper deux fois. Cette réaction immunitaire naturelle prend du temps.

Pour certaines maladies, très graves ou pour lesquelles le délai de réaction de l’organisme fait prendre un risque, on utilise un vaccin : on injecte dans le corps une partie de l’agent infectieux porteuse de l’antigène, ou bien tout l’agent mais inactivé (il ne peut pas rendre malade) : le corps fabrique des anticorps et des lymphocytes mémoires, ce qui le rend prêt à se défendre immédiatement et efficacement au contact du virus ou de la bactérie à l’avenir.

Grâce à la vaccination, l’espérance de vie a considérablement augmenté en cent ans. Des maladies très graves comme la variole ou la poliomyélite ont disparu (on ne vaccine d’ailleurs plus en Europe contre la variole). Mais les vaccins ont beaucoup évolué et de nouvelles questions se posent : nous en reparlerons bientôt afin de comprendre les débats actuels.

 

Actuailes n° 58 – 19 octobre 2016




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