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Éphrem la cithare du Saint-Esprit

Éphrem la cithare du Saint-Esprit

07-06-2016 à 21:25:02

Saint Éphrem est l’une des plus grandes figures de l’Orient chrétien. Dans le calendrier latin, nous le fêtons comme « docteur de l’Église » (le 18 juin).

Ephrem est né vers 306 à Nisibe : c’est l’actuelle Nusaybin, au sud-est de la Turquie, non loin des frontières de la Syrie et de l’Irak. Les grandes villes proches sont Mardine et Mossoul. Il meurt le 9 juin 373, à Édesse, aujourd’hui Urfa, en Turquie, a quelque 150 km à l’ouest de Nisibe. Celui qu’on appellera la « Cithare du Saint-Esprit », et dont on possède peu d’éléments biographiques, fut moine, diacre et poète.
Moine, il le fut à la manière de son temps et de sa culture. La vie monastique au IVe siècle dans le monde syriaque est assez différente de la vie monastique qui se développe en Égypte ou en Palestine et qui se diffusera en Europe. Le moine du monde syriaque mène sa vie de prière en ville, il participe à la vie de la communauté chrétienne. La vertu qui sembla avoir été le plus à l’honneur pour qualifier ce monachisme, c’est la pureté, la chasteté, qui rend le moine semblable aux anges.
Éphrem était diacre. Et, à ce titre, il assurait à la communauté chrétienne d’Édesse un double service. Un service matériel par l’organisation de l’assistance aux pauvres. On sait, par exemple que, vers la fin de sa vie – il a 70 ans –, il jouera un rôle important pour l’organisation des secours lors d’une famine. Service spirituel aussi, en remplissant son office liturgique pour la communauté. Ses qualités de poète et de musicien lui feront tenir un rôle très important dans la liturgie et l’enseignement. Le catéchisme, le débat contre les hérétiques passeront bien souvent par le chant des hymnes composés par Éphrem. À la même époque, saint Ambroise à Milan emploie le même procédé.
Et c’est surtout pour son talent de poète qu’est connu saint Éphrem. Sa production est gigantesque, beaucoup de ses textes sont passés dans la liturgie (syriaque, maronite, chaldéenne et même byzantine). Il écrit en vers ou en prose, des homélies ou des hymnes, ou encore des commentaires de l’Écriture sainte. Sa manière d’écrire est concrète, il ne raisonne pas. Mais les images qu’il emploie peuvent déployer des ressources impressionnantes de subtilités. Par exemple, évoquant le mystère de la Croix, sa pensée s’attachera à décrire le vol de l’oiseau qui fait passer la croix dans le ciel au-dessus de nos têtes ; et en voyant le gréement d’un navire, il soulignera que c’est la croix (le mat et les vergues) qui le fait avancer, voyant même dans les voiles blanches gonflées par le vent l’évocation du Crucifié, Notre-Seigneur Jésus-Christ. Telle est la manière, étonnante pour nous mais certainement profonde, de méditer sur les mystères de la foi et de nourrir ainsi ses auditeurs.

Actuailes n° 54 – 8 juin 2016




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