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Le 3 juin 1950 : ascension de l’Annapurna

Le 3 juin 1950 : ascension de l’Annapurna

28-05-2015 à 22:06:09

C’est arrivé le 3 juin 1950

Le 3 juin 1950, Maurice Herzog et Louis Lachenal étaient les premiers hommes à atteindre un sommet de plus de 8 000 mètres en gravissant l’Annapurna, dans le massif de l’Himalaya.

Une affaire d’état

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la France sort épuisée physiquement et moralement de cet interminable et douloureux conflit. Elle cherche à retrouver dans la paix une partie de son prestige perdu. La course aux sommets dans l’Himalaya bat alors son plein. C’est ainsi que la fédération française de la montagne décide de monter une expédition pour vaincre un sommet de plus de 8 000 mètres, ce qui constitue une première à l’époque. Autour de Maurice Herzog, chef de l’expédition, se rassemble la fine fleur de l’alpinisme français : Gaston Rébuffat, Lionel Terray, Louis Lachenal… tous habitués des grandes premières dans les Alpes.

 

La longue marche

Après avoir mis sur pied l’équipe et rassemblé les moyens matériels nécessaires, l’expédition s’envole pour le Népal sans avoir arrêté définitivement le but à atteindre. Les premiers mois sont donc consacrés à l’exploration d’une région encore largement méconnue à l’époque. Finalement, le choix se porte sur l’Annapurna, monstre de rochers et de neige qui culmine à 8 077 mètres. Une armée de sherpas se met alors en marche pour apporter tout le matériel nécessaire d’abord au pied de la montagne, puis de camps de base en camps de base, de plus en plus haut. Commence alors une course contre la montre : il faut être au sommet avant le début de la mousson, saison des pluies qui ravage tout sur son passage, et qui, cette année-là est annoncée pour le 5 juin.

Drame au sommet

Enfin le matin du 3 juin 1950, c’est l’assaut final. Deux hommes quittent le dernier bivouac : Herzog et Lachenal. Pendant six longues heures, ils vont s’élever dans un environnement des plus hostiles, dans la neige et la glace et par un froid terrible. À partir de midi, le temps se couvre et les nuages font leur apparition. Le vent souffle la neige poudreuse le long des pentes. Lachenal comprend qu’ils n’en sortiront pas indemnes. Il souhaite faire demi-tour, mais Herzog s’acharne : il veut vaincre le sommet, quoiqu’il en coûte. Alors Lachenal continue pour ne pas abandonner son compagnon de cordée à une mort certaine. Finalement, à 14h, ils parviennent à atteindre le sommet. La victoire, le premier 8 000 de l’histoire, est immortalisée. Une photo fera le tour du monde. Mais il est déjà bien tard. La descente est terrible. Et quand ils atteignent enfin le camp de base, Louis Lachenal a les pieds gelés alors qu’Herzog a perdu l’usage de ses doigts… Le succès s’est transformé en drame humain, mais la cordée mythique est entrée dans la légende.

Pour approfondir

  • Annapurna, premier 8000, par Maurice Herzog aux éditions Arthaud.
  • Carnets de vertige, par Louis Lachenal, aux éditions Guérin.



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