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29 MARS 1796 : la mort de Charette

29 MARS 1796 : la mort de Charette

21-03-2018 à 09:46:57

Nantes, 29 mars 1796 : sous les balles du peloton d’exécution tombe le chevalier de Charette, dernier général de la « guerre des Géants », défenseur du trône et de l’autel…

Du héros de la guerre d’indépendance américaine au général des « brigands »…

François-Athanase de Charette de La Contrie est né le 21 avril 1763, près de Nantes, dans une famille de petite noblesse. Il entre dans la marine royale à l’âge de 16 ans et participe à la guerre d’indépendance américaine, comme officier de marine. À 24 ans, il est promu lieutenant de vaisseau.

En 1789, éclate la Révolution française qui, très vite, écœure Charette. C’est pourquoi il demande et obtient sa mise à la retraite. Il se retire alors dans son manoir de Fonteclose, en Vendée. C’est là qu’en mars 1793 ses paysans, révoltés par la politique anti-chrétienne de la Révolution, viennent le chercher pour qu’il se mette à leur tête. D’abord réticent (on dit même qu’il se cacha sous son lit pour leur échapper), il finit par accepter de les commander en précisant cependant : « Celui qui ne m’obéit pas, je lui casse la tête. » Il jure alors de ne revenir chez lui que « mort ou victorieux ».

Le chevalier du roi…À la tête des insurgés de sa région, Charette s’empare de plusieurs villes, comme Machecoul ou Pornic. Il reste cependant très indépendant par rapport au reste de l’armée catholique et royale commandée par Cathelineau. Pourtant, il se rallie à elle pour les batailles de Nantes (29 juin) et de Luçon (14 août), qui sont toutes deux des échecs. En septembre, l’armée républicaine de Mayence arrive en Vendée et brûle les fermes et les villages. Charette la repousse alors avec l’aide de l’armée vendéenne : c’est le grand « choc » de Torfou, dont les Vendéens sortent vainqueurs.

Il se lance ensuite dans une petite guerre d’embuscades et d’escarmouches contre les « Bleus » (surnom donné aux soldats républicains).

En janvier 1794, la Convention, gouvernement révolutionnaire, envoie les « colonnes infernales » pour détruire la Vendée. Le temps du martyre commence : les républicains massacrent tout sur leur passage. Charette continue la lutte jusqu’en décembre 1794, lorsque la République lui propose un traité de paix, qui sera signé à La Jaunaye. La guerre cesse et la République s’engage à respecter la liberté de culte des Vendéens. Mais les clauses du traité ne sont pas respectées et Charette doit reprendre la lutte avec des partisans de moins en moins nombreux. Le 8 mars 1796, il ne lui reste plus que quarante-deux fidèles, harcelés par quatre colonnes républicaines.

Le 23 mars, blessé, Charette est pris dans les bois de La Chabotterie.

La mort d’un héros…

Charette est conduit à Nantes et emprisonné. Le 28 mars, commence son procès, dont la sentence est décidée d’avance. Blessé et exténué, il est traîné et forcé de marcher dans les rues de Nantes, sous le regard des habitants de la ville.

Le 29 mars, à 4 heures, en présence d’une foule immense, Charette arrive sur le lieu de l’exécution, place Viarme. À l’officier bleu qui lui dit : « Tant d’héroïsme pour rien ! », il répond : « Monsieur, rien ne se perd jamais ! ». Il demande de pouvoir commander lui-même le feu. Cette faveur lui est accordée. Très lentement, il incline la tête en écartant les bras. La salve retentit. François de Charette, le dernier généralissime de l’armée vendéenne, est mort. Il avait 33 ans.

Dauphine Verchères

Actuailes n°82 – 21 mars 2018

 

 

 

 

 

 

 

 




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