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Apple, coupable d’obsolescence programmée ?

Apple, coupable d’obsolescence programmée ?

17-01-2018 à 09:30:57

L’obsolescence programmée est « l’ensemble des techniques destinées à réduire la durée de vie ou d’utilisation d’un produit pour en augmenter le taux de remplacement » (définition Wikipédia). La célèbre firme californienne est-elle coupable de ce délit, défini en effet comme tel par la législation française depuis 2015 ? C’est en tout cas la conviction défendue par une association, Halte à l’obsolescence programmée (HOP), qui a déposé plainte en fin d’année dernière. Le parquet de Paris a ouvert une enquête le 5 janvier.

HOP accuse Apple de brider ses téléphones IPhone par les nombreuses mises à jour du processeur IOS, qui ralentissent les performances et la durée de vie de l’appareil, incitant l’utilisateur à remplacer son téléphone. « Apple a mis en place une stratégie globale d’obsolescence programmée en vue d’augmenter ses ventes », assure l’association1.

Ce phénomène ne date pas d’hier. Déjà au début du XXe siècle, un groupe de constructeurs américains, surnommé le cartel de Phoebus (Philips, General Electric et Osram), voulait limiter la durée de vie des ses lampes à incandescence à mille heures. Et plus récemment, en 2017, le fabricant d’imprimantes japonais Epson a fait l’objet de la première plainte en France pour obsolescence programmée, l’entreprise nippone étant accusée d’utiliser des techniques pour restreindre la capacité de ses cartouches et forcer ainsi le consommateur à en changer plus fréquemment.

Au-delà de la dimension éthique, le consommateur pouvant se sentir, à juste titre, floué, l’obsolescence programmée présente également des enjeux environnementaux : l’accumulation de déchets d’équipements électriques et électroniques entraîne de graves pollutions dans les pays où sont exportés ces déchets, souvent de façon illégale. L’augmentation de la production a par ailleurs un effet sur les ressources naturelles (comme les mines de terres rares, fournissant des composants essentiels à la fabrication des smartphones).

Cette affaire va-t-elle ternir l’image de « la marque à la pomme » ? Pas si sûr. En effet, Apple jouit d’un capital de sympathie très élevé à travers le monde. Il suffit de voir les files interminables à l’entrée des magasins lors d’un lancement d’un nouvel IPhoneQuant à l’amende encourue, pouvant atteindre 5 % du chiffre d’affaires d’Apple France, cette somme constitue presque une bagatelle pour ce géant du numérique, qui dispose des revenus et de la trésorerie les plus importants sur la planète !

 

1. « Obsolescence programmée : la France ouvre une enquête contre Apple », Le Figaro, 9 janvier 2018.

 

Mikaël de Talhouët

 

Actuailes n° 79 – 17 janvier 2018

 

 




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