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Autoportrait Tintoret (1518-1594)

04-04-2018 à 09:08:31

© RMN / Jean-Gilles Berizzi

Carte d’identité de l’œuvre
Date : peint en 1588 Taille : 63 cm × 52 cm Technique : peinture à l’huile, toile sur bois Lieu d’exposition : Musée du Louvre, Paris
Renaissance italienne

 

Des quarante autoportraits que Jacopo Robusti, dit le Tintoret, a peints durant sa vie, celui-ci est le dernier. Son existence a été bien remplie, le succès a été au rendez-vous, il fut un artiste comblé et reconnu, travaillant surtout à Venise et laissant derrière lui un nombre considérable d’œuvres.

 

Il a 70 ans – ce qui est, à l’époque, un âge déjà avancé. Il ne cache rien des effets du temps sur son corps fatigué : les rides sont marquées, les paupières tombantes, les orbites creusées, la chevelure est poivre et sel, tirant sur le blanc plutôt que sur le gris. La barbe est fournie, mais souple et légère. La moustache, longue, cache une bouche sans sourire.

La palette est d’une très grande sobriété. Le manteau se détache à peine sur un fond presque noir. On en devine la fourrure, signe d’une aisance certaine. La lumière n’éclaire que le visage, en un clair-obscur qui met en valeur la personne plus que le décor et le vêtement.

Alors que les autoportraits sont souvent réalisés de trois quarts, c’est campé bien en face de ses spectateurs que le Tintoret a choisi de se montrer. Le regard du peintre est fascinant, mélancolique, voire triste. Les grands yeux sont sombres, sans lumière. Est-il désabusé après tout ce qu’il a vécu ? Ou est-ce la perspective d’une mort qu’il imagine proche qui le rend si grave ? Il travaillera pourtant encore cinq ans avant de s’éteindre, nous laissant des merveilles que nous ne cessons pas d’admirer aujourd’hui. Peut-être est-ce juste la figure d’un sage, apaisé et n’ayant plus besoin de prouver son talent à ceux devant lesquels il se tient.

 

 

Pour découvrir le travail du Tintoret, une exposition au musée du Luxembourg retrace les premières années de son œuvre.

L’affiche permet de voir l’évolution du visage du peintre, puisqu’il s’agit d’un autre de ses autoportraits, bien plus jeune.http://museeduluxembourg.fr

 

Sophie Roubertie

 

Actuailes n° 83 – 4 avril 2018

 

 




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