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Des vaches contre les allergies ?

Des vaches contre les allergies ?

14-09-2015 à 19:00:41

Des vaches contre les allergies ?

Les allergies sont des maladies qui se développent de façon très rapide dans la population mondiale. L’OMS les classe au quatrième rang des maladies chroniques. Ce sont des réactions anormales du corps à des substances inoffensives (comme les protéines du lait de vache, le pollen, les cacahuètes), mais qu’il reconnaît comme un ennemi : les défenses immunitaires (qui protègent normalement l’organisme contre les vraies infections) réagissent alors, souvent violemment, ce qui entraîne des symptômes plus ou moins gênants. Il peut s’agir de réactions locales : comme l’asthme, la rhinite ou la conjonctivite, ou bien de réactions générales comme l’anaphylaxie ou l’eczéma.

La théorie hygiéniste

Pour expliquer l’augmentation récente du nombre d’allergiques, certains scientifiques supposent qu’elle est liée à l’absence de contact avec de vrais microbes dans l’enfance : l’amélioration de l’hygiène et, pour certains, les vaccins qui empêchent de les attraper empêcheraient ce contact. Le système immunitaire, trop peu stimulé, se tournerait alors vers d’autres « intrus » même s’ils ne représentent aucun danger : c’est la théorie « hygiéniste ». Une étude américaine avait montré par exemple que les enfants avaient moins d’allergies dans les familles où les parents faisaient la vaisselle à la main (il reste plus de microbes sur les couverts qu’au lave-vaisselle). Un nouvel article allant dans ce sens vient d’être publié dans Science (revue scientifique américaine qui est une référence internationale) par des chercheurs belges. Ils ont étudiés les enfants suisses et belges et ont montré que ceux qui respirent de la poussière de ferme ont moins d’asthme et d’eczéma que les autres, grâce à une protéine A20 que le corps fabrique au contact de la poussière et qui protège contre les allergies. Ils espèrent pouvoir développer un médicament antiallergique à partir de la protéine A20.

Les résultats

Ces résultats feront certainement avancer la prise en charge et la prévention, mais l’allergie est un problème complexe et difficile à analyser : la plupart des études sont en effet rétrospectives (on observe une population sans intervenir en essayant de faire un lien entre son mode de vie et telle maladie), ce qui peut fausser des résultats : par exemple si les parents, eux-mêmes asthmatiques ou ayant des enfants qui le sont, choisissent de s’éloigner de la campagne par crainte des pollens ou de la poussière, on retrouvera plus d’asthmatiques loin des fermes et on risque de mal interpréter cette information en pensant que vivre à la ferme évite l’asthme.

On sait aussi qu’il y a des causes génétiques aux allergies, l’étude belge a montré par exemple que les enfants vivant dans les fermes et ayant malgré tout de l’asthme, ont un gène malade qui les empêche de fabriquer la fameuse protéine A20, ce qui cause leur maladie. Il est donc nécessaire de poursuivre les recherches par des études prospectives (où on place volontairement des populations comparables dans deux situations différentes, pour constater les effets de celles-ci sur la maladie), et de bien définir les critères de l’allergie pour pouvoir faire reculer cette maladie. En attendant, n’hésitez pas à aller sentir les vaches… et à faire la vaisselle !!

OMS : Organisation mondiale de la santé, organisme international dépendant de l’ONU et qui vise à améliorer la santé des populations.

Anaphylaxie : réaction allergique de tout l’organisme qui provoque la chute de la tension, de l’asthme, parfois des vomissements ou une rougeur de la peau (urticaire), et qui peut provoquer la mort très rapidement sans traitement.




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