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L'Europe face aux nouveaux attentats de Paris

L'Europe face aux nouveaux attentats de Paris

24-11-2015 à 20:08:03

Au-delà de toutes les manifestations d’émotion et de solidarité, les nouveaux attentats de Paris ont très durablement marqué les pays d’Europe. Dix jours après le drame, le sujet est toujours à la une de tous les médias européens, car les opinions publiques découvrent, éberluées, avec quelle facilité des terroristes ont pu se déplacer dans l’espace européen.

 

Une quinzaine de terroristes, presque tous surveillés par les polices et les services secrets de plusieurs états européens (mais aussi turcs ou américains, sans oublier Interpol) ont en effet pu se déplacer partout en Europe, s’organiser, communiquer, convoyer des bombes et des armes grâce au soutien de nombreux complices dans plusieurs pays. Ils ont pu voyager sans encombre entre l’Europe et la Syrie en guerre, en avion, par bateau ou en se mêlant au million de réfugiés rentrés en Europe depuis l’été.

 

Face à ces révélations, les gouvernements répondent en accusant leurs voisins ou « l’Union européenne ». Il est toutefois légitime de s’interroger sur la sincérité de ces accusations de la part de responsables politiques qui ont soutenu la suppression des frontières nationales dans le cadre de l’Union européenne.

 

Ainsi, le ministre français Bernard Cazeneuve reproche aux autres pays l’incompétence de leurs services de sécurité et affirme n’avoir appris qu’après les attentats – et par les services turcs ! – qu’Abdelhamid Abaaoud était passé par la Grèce, ce que la Grèce elle-même semble ignorer… De même, la Belgique est fortement critiquée par ses voisins qui l’accusent d’être un foyer du terrorisme islamique notamment à Molenbeeck d’où viennent une partie des terroristes.

 

Les gouvernements ont relevé leur niveau de sécurité au maximum. Des grands rassemblements ont été annulés, comme le match Allemagne-Pays-Bas le 17 novembre à Hanovre, les festivités de la Saint-Verhaeghen en Belgique, de nombreux concerts, etc. La ville de Bruxelles a même été placée en état d’alerte maximal samedi dernier et a fermé ses magasins, son métro et déployé l’armée et les blindés dans les rues ! Enfin la libre circulation à l’intérieur de l’« espace Schengen » est désormais enterrée dans les faits, dix pays ayant rétabli des contrôles à leurs frontières…

Les ministres européens ont tenu une réunion extraordinaire le 20 novembre, car la France demande des contrôles accrus aux frontières, ainsi qu’un soutien financier des autres états membres, qui sont déjà profondément divisés sur la question des millions de migrants et vont désormais devoir aussi financer la guerre contre le terrorisme.

 

Finalement, il est à craindre que les attaques de terroristes islamistes contre la civilisation européenne n’amènent les Européens à restreindre d’eux-mêmes leurs propres libertés et leur mode de vie, par peur d’oser attaquer l’islamisme à sa racine.

 




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