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La colère des éleveurs

La colère des éleveurs

01-03-2016 à 20:42:14

Vendredi 27 février, François Hollande est venu inaugurer le traditionnel Salon de l’Agriculture qui a lieu chaque année à Paris. À son arrivée, il a été accueilli par des sifflets, des huées et des insultes de la part de certains éleveurs. D’autres ont dévasté le stand du ministère de l’Agriculture. Pourquoi et comment une telle situation a pu émerger ? Actuailes vous explique les raisons de la profonde colère du monde agricole.

Depuis un mois, les éleveurs français (qui élèvent des animaux comme les porcs, les bœufs, les moutons dans le but de vendre de la viande ou du lait en supermarché) mènent des actions de protestation dans plusieurs régions de France (notamment en Bretagne, Normandie et Pays-de-Loire où ils ont barré des routes) pour attirer l’attention du gouvernement sur leurs très grandes difficultés financières : ils n’arrivent plus à vivre de leur métier.
Les éleveurs reprochent tout d’abord aux entreprises de grande distribution (c’est-à-dire les marques des hypermarchés comme Leclerc, Carrefour, Intermarché…) de vendre leurs viandes à des prix trop bas, ce qui ne leur permet pas de vivre correctement et de continuer à travailler. Les éleveurs sont aussi en colère parce qu’ils estiment être défavorisés par rapport à leurs concurrents européens qui auraient moins d’impôt à payer.
Enfin, les éleveurs protestent car ils estiment devoir respecter beaucoup trop de règlements pour avoir le droit de vendre leur viande. Il y a par exemple des normes sur le respect de l’environnement, d’autres sur le paiement des impôts, d’autres sur la manière de travailler… ces règles étant imposées par l’Union européenne. Les éleveurs aimeraient donc que le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, et le président de la République les défendent au sein de l’Union européenne.

Au salon de l’Agriculture, François Hollande a déclaré, après avoir essuyé sifflets et insultes : « Je suis aussi venu pour entendre ces cris, qui sont des cris de douleur, de souffrance. […] Je suis venu pour agir. » Mi-février, le gouvernement avait déjà annoncé que les impôts des éleveurs allaient être allégés. Mais cela ne semble pas suffisant. Comme le disait un éleveur : « Nous voulons des prix suffisamment élevés pour qu’ils nous permettent de vivre dignement de notre métier. » Sur 490 000 exploitations agricoles, plus de 40 000 sont en situation d’extrême urgence (financière) et plus de 60 000 ont réclamé de l’aide.


Sully, ministre du roi Henri IV, disait : « Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France » (c’est-à-dire ce qui l’a fait vivre). Si ce n’est plus tout à fait le cas de nos jours, il est important de sauvegarder un métier noble, difficile, essentiel à tous et dont nous apprécions chaque jour le produit dans notre assiette !

 

Pour aller plus loin
Le Salon de l’Agriculture est une foire-exposition organisée chaque année à Paris depuis 1964 (les premières expositions agricoles eurent lieu dès 1870, mais sous un autre nom) dans la dernière semaine du mois de février ou dans la première semaine du mois de mars. C’est la plus importante foire agricole de France.
Ce salon permet de faire connaître au grand public tous les aspects du monde agricole : les produits de la ferme très variés, les différentes races de bétail (plus de 3 800 animaux y sont exposés) ainsi que la grande diversité de métiers contribuant à l’agriculture française.
Un concours est organisé durant ce salon : le concours général agricole sur les animaux (bœufs, vaches, taureaux, chèvres, moutons, chevaux, porcs), les produits (miel, cidre, charcuterie, jus de fruits…) et sur les vins. En 2016, le plus beau taureau, vainqueur du concours, pèse 1 950 kilogrammes (il a ainsi battu le record du monde du taureau le plus lourd) et s’appelle Fêtard.




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