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La colère des éleveurs français

La colère des éleveurs français

11-09-2015 à 22:41:22

1 500: ce fut le nombre de tracteurs convergeant vers la place de la Nation à Paris le 3 septembre. La raison de ce défilé ? La colère des producteurs de viande bovine, des éleveurs de porcs et des producteurs de lait face à des prix de vente toujours plus faibles, entrainant de grosses difficultés pour ces professions.

En comparaison avec ses voisins européens et même à travers le monde, la France demeure une terre agricole. Il existe sur son territoire 490 000 exploitations agricoles, sur lesquelles travaillent 724 000 personnes. Le cheptel bovin en France est le premier d’Europe, avec plus de 19 millions de têtes, et notre pays arrive en troisième position pour la production de porcs, avec 13,4 millions de têtes[1].

Seulement voilà, malgré un chiffre d’affaires de plus de 73 milliards d’euros généré par l’agriculture française en 2013, il est estimé à 25 000 le nombre d’exploitations qui sont sur le point de fermer. Nos éleveurs ont de plus en plus de mal à vivre de leur travail.

Plusieurs raisons expliquent cette situation. Tout d’abord, on constate une baisse de la demande : en effet, un Français consomme en moyenne aujourd’hui 32 kg de porc par an, soit 2,5 fois moins qu’il y a dix ans. On peut y voir un effet de la crise économique, mais aussi des scandales alimentaires (comme celui de la vache folle ou de la grippe aviaire) et surtout de l’évolution des habitudes alimentaires. La consommation quotidienne de viande n’est plus conseillée par le corps médical.

Par ailleurs, les éleveurs français sont soumis à une concurrence de la part de pays comme l’Allemagne, dont les coûts de production sont moins élevés que ceux pratiqués dans notre pays. Face à cela, les producteurs et éleveurs sont obligés de répliquer par des prix toujours plus bas afin d’être compétitifs.

Enfin, ces activités, qu’on appelle filières (« la filière bovine », « la filière laitière ») comportent des intermédiaires, c’est-à-dire des professions qui prennent un pourcentage sur le prix de vente du produit vendu au consommateur. Ainsi, un kilo de porc est vendu par l’éleveur 1,38 euros, pour être vendu à son tour par le distributeur (une grande surface par exemple) 13 euros, après être passé par l’abattoir. Idem pour le lait : un litre dans un supermarché vaut en moyenne 79 centimes alors qu’il a été vendu par le producteur 34 centimes.

Aujourd’hui, l’activité n’est plus rentable pour ces professionnels, qui bien souvent vendent à perte, d’où ces milliers d’exploitations menacées de dépôt de bilan. Pour produire un kilo de bœuf, un éleveur dépense aujourd’hui 4,50 euros, pour le vendre 3,70 euros. À long terme, et malgré les aides de l’État, cette opération n’est donc pas viable. Ainsi, on est en droit de s’interroger sur le bien fondé de ce plan de 3 milliards d’euros d'aide décidé par le gouvernement, en réponse à la colère de ces agriculteurs…

 

 

Vous souhaitez réagir ? Contactez-moi : echodeleco@actuailes.fr

 

 

[1] Source : ministère de l’Agriculture. 




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