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La Grande Vague de Kanazawa Katsushika Hokusai (1760-1849)

La Grande Vague de Kanazawa Katsushika Hokusai (1760-1849)

23-05-2017 à 20:32:18

 

Hokusai est un artiste japonais dont les gravures et dessins ont influencé de nombreux peintres européens, comme Gauguin, Van Gogh, Monet.

 

Cette image, plus connue sous le nom de La Vague est souvent utilisée pour représenter un raz-de-marée (ou tsunami, en japonais), mais c’est probablement une vague scélérate1 que l’artiste a voulu montrer ici.

Cette gravure est la première d’une série de quarante-six consacrées au mont Fuji. Il s’agit du  point culminant du Japon, un volcan, lieu de méditation célèbre, dont le sommet enneigé est visible de très loin. On l’aperçoit en arrière-plan.

Au premier plan, une vague s’amorce. Derrière, une vague immense, écumante, comme la main d’un monstre invisible, semble prête à submerger de frêles embarcations. Elle domine toute la scène. Les rameurs des trois bateaux, petits points fragiles perdus au milieu de la tempête, s’agrippent à leurs rames, qu’ils ont pris soin de relever. Que pourront-ils face à la violence de la mer ?

Le blanc et les bleus, bien distincts, dominent sur ce dessin, un peu de rose vient s’y ajouter. On peut penser à une vignette de bande dessinée, en particulier par les aplats de couleurs et la manière dont les détails sont bordés d’un fin trait noir et animent l’image.

Un cartouche contient le nom de l’œuvre, à côté, la signature de l’artiste.

 

Comment est réalisée une estampe japonaise ?

Elle commence par un dessin. L’artisan graveur le colle sur une planche de bois et creuse les parties blanches. Le dessin apparait en relief sur le bois, mais l’original est ainsi détruit. La planche gravée ou « planche de trait » est encrée et imprimée de manière à produire des copies quasiment parfaites du dessin original.

Ces épreuves sont à leur tour collées à de nouvelles planches de bois, et les zones du dessin à colorer d’une couleur particulière sont laissées en relief. Chacune des planches imprimera au moins une couleur dans l’image finale. Ce sont les « planches de couleurs ».

Le jeu de planches de bois ainsi obtenu est encré dans les différentes couleurs et appliqué successivement sur le papier. L’impression finale porte les motifs de chacune des planches, certaines pouvant être appliquées plus d’une fois afin d’obtenir la profondeur de teinte souhaitée.

Tant que le bois n’est pas usé, on peut l’utiliser pour réaliser des estampes dites originales (il existe ainsi plusieurs originaux de La Grande Vague de Kanagawa), conservés dans des musées différents.

 

 

Sophie Roubertie

 

Actuailes n° 70 – 24 mai 2017

 

 

 

Carte d’identité de l’œuvre

Date : peint en 1830 ou 1831

Taille : 25,7 × 37,9 cm

Technique : estampe japonaise (gravure sur bois)

Lieu de conservation : Metropolitan Museum of Art (New York)

 

 

 

 

 

 




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