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Le « bio » à la cantine

Le « bio » à la cantine

30-05-2018 à 06:30:35

Le marché du « bio » répond à une demande croissante de la population, mais peine encore à s’imposer dans les cantines scolaires.

 

De manière générale, la cantine scolaire ne véhicule pas l’image d’une cuisine faite avec des produits frais et de qualité. On pense plutôt spontanément à des grands sacs surgelés de petits pois ou de céleri ou à des grands plats de purée à l’onctuosité trop parfaite pour être naturelle…

La restauration scolaire en France aujourd’hui, c’est environ 6 millions d’enfants qui mangent à la cantine quotidiennement soit près d’un milliard de repas par an ! Pour assurer la fourniture de repas sains et bons pour la santé dans les hôpitaux, l’administration publique, les universités et les écoles, un projet de loi est à l’étude, qui vise à imposer, d’ici à 2022, 50 % des achats de produits alimentaires en cycle court et dont au moins 20 % provenant de l’agriculture biologique.

Si la présence de produits « bio » dans la restauration scolaire a considérablement augmenté ces dernières années, passant de 10 à 70 % entre 2007 et 2017, seules 20 % des cantines scolaires en France proposent quotidiennement des menus « bio ». Le surcoût d’une telle alimentation semble être un frein pour les mairies, qui ne veulent pas augmenter les tarifs de restauration. Pourtant, des exemples en France montrent qu’il est possible de proposer dans les écoles des menus avec des produits issus de circuits courts (c’est-à-dire produits et distribués localement) sans augmenter le coût. Ainsi, la commune de Mouans-Sartoux, située dans les Alpes-Maritimes, a mis en place une régie agricole municipale qui cultive (sur des parcelles de la commune en friche), fournit et prépare les produits qui nourrissent quotidiennement les écoliers, sans que cela coûte un centime de plus aux parents. En plus de la maîtrise de la chaîne alimentaire, de la production à la distribution, la cantine de Mouans-Sartoux propose dans ses menus moins de protéines animales (viande) et vise à réduire le gaspillage en servant par exemple des portions différentes selon l’appétit des enfants.

Cette gestion vertueuse qui utilise les ressources locales s’illustre à l’échelle des territoires où sont mis en œuvre des plans alimentaires territoriaux. Prévus par la loi d’avenir pour l’agriculture (2014), ces projets sont élaborés de façon concertée à l’initiative de l’ensemble des acteurs d’un territoire (consommateurs particuliers, restaurations collectives, collectivités territoriales, agriculteurs). Ces acteurs mettent en œuvre des plans d’action dans le but de répondre à la fois aux besoins d’une production locale, respectueuse de l’environnement, et à la demande de consommateurs soucieux de manger mieux tout en gardant la maîtrise de leur budget dédié à l’alimentation.

 

Mikaël de Talhouët

 

Actuailes n° 86 – 30 mai 2018

 

 

 

 




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