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Le début de la Fronde des princes

Le début de la Fronde des princes

17-01-2018 à 10:25:35

Cette révolte marqua profondément le jeune Louis XIV et engendra un changement majeur dans la politique monarchique en France.

 

On donna le nom de « Fronde » aux troubles qui éclatèrent en France entre 1648 et 1653 pendant la régence d’Anne d’Autriche et le ministère du cardinal Mazarin car les factieux1 furent comparés à des enfants, brouillons et bagarreurs, jouant à la fronde.

Cette révolte, dirigée plus encore contre Mazarin que contre la royauté, commença par une lutte entre la Cour et le Parlement : ce fut la « Fronde du Parlement » ; elle se compliqua par les intrigues d’une noblesse remuante et par la guerre civile : ce fut la « Fronde des princes ».

Cette dernière fut déclenchée par l’arrestation, sur ordre de Mazarin, des princes de Condé, de Conti et du duc de Longueville (18 janvier 1650), qui s’opposaient au pouvoir de ce puissant ministre.

S’ensuit un soulèvement des provinces en leur faveur, conduit par la haute noblesse, elle-même aidée par les troupes espagnoles. Soulèvement qui fut mis en échec à Rethel (15 décembre 1650) par l’armée royale. Mais une nouvelle coalition des parlementaires et des Grands2 obtint la libération des trois princes et l’exil de Mazarin à Brühl (6 février 1651).

Puis de graves dissensions naquirent entre les frondeurs : Turenne se rallia à Louis XIV, qui, parvenu à sa majorité (en septembre), s’installa à Poitiers avec Mazarin revenu d’exil, tandis que Condé et ses partisans entretinrent, depuis Bordeaux, le soulèvement provincial avec l’appui de l’Espagne.

Après le combat indécis de Bléneau (avril 1652), Condé se rendit maître de Paris grâce à la Grande Mademoiselle3, qui fit tirer sur les troupes royales (1er juillet 1652) depuis la Bastille. Le roi entama alors des négociations et obligea Mazarin à un second exil, le 19 août, pour satisfaire les frondeurs.

Mais les violences à l’égard de la bourgeoisie et la lassitude générale engendrèrent un ralliement à la monarchie, ce qui causa la fuite de Condé vers les Pays-Bas ; le 21 octobre 1652, Louis XIV et Anne d’Autriche entrèrent à Paris sous les acclamations populaires, suivis par Mazarin (3 février 1653) qui interdit au Parlement de se mêler des affaires d’État et fit surveiller étroitement la noblesse.

L’échec de la Fronde aboutit ainsi au renforcement de l’absolutisme qu’elle avait combattu.

 

1.     Qui fomentent des troubles contre le pouvoir établi.

2. Princes de sang et autres hauts dignitaires du royaume.

3. Cousine germaine de Louis XIV.

 

 

Actuailes n° 79 – 17 janvier 2018

 

 

 

 

 

 

 




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