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Le financement de L’État islamique

Le financement de L’État islamique

19-11-2015 à 22:16:06

            Vieux d’à peine deux ans, le Califat autoproclamé en juin 2014 règne aujourd’hui sur un territoire à cheval sur la Syrie et l’Irak, grand comme la Grande-Bretagne et composé de 10 millions d’habitants. Une des caractéristiques qui explique sa puissance est que L’État islamique est une entité financière autonome qui dépend très peu de donations extérieures. Son patrimoine est estimé à 2 000 milliards d’euros et son budget annuel à environ 2 milliards d’euros.

La répartition de ses ressources financières est pour un tiers d’origine criminelle et provient pour les deux tiers restant des ressources naturelles du territoire [1]. L’État islamique exploite en effet des champs de céréales, de coton, mais tire aussi des recettes de l’exploitation de minerais de phosphate, de sites gaziers et du pétrole. Cette ressource lui assure un revenu d’environ 1,4 million de dollars par jour, le baril de pétrole étant vendu au marché noir aux pays voisins comme la Turquie et la Syrie à un prix moins élevé que le prix du marché officiel.

L’État islamique s’appuie aussi sur des ressources aux origines criminelles variées. Le Califat perçoit des taxes sur les habitants du territoire et notamment sur les fonctionnaires, qui sont encore payés par la Syrie et l’Irak et dont les revenus sont taxés à 50 %. Cette manne apporterait environ 800 millions d’euros par an et vient s’ajouter aux 450 millions d’euros qui proviennent de la prise de la banque centrale irakienne par L’État islamique. Le Califat alimente également un intense trafic d’art, de drogue, d’organes, mais aussi d’êtres humains. Ainsi, 25 000 femmes provenant des minorités de la région auraient été vendues en esclavage depuis 2014. Les kidnappings suivis de rançons apportent un revenu complémentaire d’environ 100 millions d’euros. Loin d’être régi de façon anarchique, le financement du Califat est organisé à la manière d’un état, certes décentralisé, avec un ministre des Finances et des émirs locaux ainsi que des chefs de tribus.

Les donations provenant de fonds des pays du Golfe comme le Qatar et l’Arabie Saoudite ne représentent qu’une infime partie des ressources financières, ce qui fait de L’État islamique un état financièrement autonome, donc puissant.

 


[1] « Pétrole, taxes, trafics d’humains : comment Daech se finance », Le Figaro, 19 novembre 2015.




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