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Les responsables européens et la « crise des migrants »

Les responsables européens et la « crise des migrants »

24-04-2016 à 18:27:21

En une semaine, le président de la République française et la chancelière d'Allemagne ont foulé les terres du Levant.

François Hollande s’est rendu au Liban, en Égypte et en Jordanie, Angela Merkel en Turquie. Dans ces quatre pays, les responsables français et allemand ont cherché à encourager les efforts vers la paix en Syrie et une attention plus grande au sort des milliers de gens contraints de quitter leurs foyers et qui cherchent à s’installer en Europe.

(Certains organisations parlent de plus de quatre millions de personnes réfugiées. Comme si la totalité des habitants de Paris, Marseille, Lyon, Toulouse et Nice avaient quitté la France.)

 

Le président français, François Hollande, s'entretient au Liban avec une famille de réfugiés syriens.

 

Pourquoi les migrants cherchent-ils à rejoindre l’Europe ?

Tout d’abord, parce que la guerre sévit dans leurs pays (Syrie ou Irak) depuis près de cinq ans. Les parents cherchent à mettre leurs enfants à l’abri. D’autres cherchent à travailler en Europe pour envoyer de l’argent à leurs familles restées au pays. Ensuite, ils savent grâce aux médias sociaux que les aides sociales sont intéressantes en Europe et des personnes malintentionnées (« les passeurs ») les laissent croire qu’ils trouveront du travail et pourront s’établir sans difficulté.

Ces passeurs leur demandent de fortes sommes d’argent pour leur faire passer les frontières, puis les abandonnent en Europe, souvent en Grèce ou en Hongrie où les autorités sont contraintes d’accueillir ces familles en détresse. Si ces pays d’arrivée donnent des autorisations de séjour sur le territoire européen, les « réfugiés » sont libres de se déplacer dans tous les pays de l’Union européenne, telle est la loi.

Quelles sont les conséquences de ces migrations ?

Tout d’abord, ces familles séparées, ces jeunes hommes qui quittent leur pays se déracinent. Ils doivent s’adapter à une nouvelle culture parfois très éloignée de la. Pensons en particulier aux Yézidis qui vivent au nord de l’Irak depuis plus de 4000 ans ! Ou encore aux chrétientés d’Orient, aujourd’hui fragilisées et disloquées, contraintes à chercher refuge au Canada ou en Europe.

Ils sont ensuite des intelligences, des bras en moins pour leurs pays d’origine qui devront se reconstruire lorsque la guerre finira. On parle de la « fuite des cerveaux ». Où trouver les architectes, les ingénieurs ou les maçons indispensables à la reconstruction si tout le monde est parti ?

Le président français François Hollande a d’ailleurs insisté lors de sa visite au Liban sur le fait que « l'avenir des Syriens est en Syrie ».

Pour l’Europe ou les pays d’accueil, tous ces gens sans ressource font peser sur les budgets des États de lourdes charges. Ils reçoivent en effet une aide minimum. Un logement, de la nourriture et un accès gratuit aux soins. Leurs enfants sont très souvent scolarisés gratuitement.

Pour les responsables politiques, le problème est immense, car tous ces gens en situation irrégulière en Europe sont aussi des cibles pour les mafias qui peuvent chercher à les rançonner, enlever des enfants ou les utiliser pour toutes sortes de trafic.

De plus, la situation dramatique de ces réfugiés peut les conduire à accepter du travail illégal alors que la plupart des pays d’Europe connaissent déjà de grandes difficultés à résoudre les problèmes de chômage.

Si la plus élémentaire charité impose d’accueillir les personnes en difficulté, les responsables européens peuvent-ils se permettre de déséquilibrer leurs propres sociétés elles-mêmes en proie à une crise économique sérieuse ?

Actuailes numéro 51 - 27 avril 2016




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