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Océan de feu à Fort McMurray !

Océan de feu à Fort McMurray !

24-05-2016 à 22:03:21

En Alberta1, une zone forestière et sa ville proche sont, depuis le 1er mai, le théâtre d’un gigantesque incendie menaçant de s’étendre a une vaste zone inflammable constituée de sables bitumineux2 et de pétrole lourd exploité à ciel ouvert.

Le 18 mai, la zone ravagée par les flammes couvrait 4 230 km2 soit la moitié de la Corse ! Les habitants ont reçu l’ordre de rester chez eux, puis plus de 80 000 ont dû être évacués, par route (deux personnes sont décédées dans un accident de la route) parfois à proximité de flammes hautes comme des immeubles, ou par les airs. La chaleur est telle que des pyrocumulus (nuages pouvant potentiellement créer d’autres incendies par leur seule chaleur) se sont formés.
Malgré l’intervention de 1000 pompiers, 45 hélicoptères, 140 véhicules et plusieurs bombardiers d’eau, les autorités prévoient que l’incendie ne pourra pas être éteint avant plusieurs mois.
Mettre un terme à cette catastrophe naturelle exige une coordination (organiser l’usage le plus efficace des moyens disponibles dans différentes missions au même moment) précise : il s’agit de lutter contre l’incendie tout en assurant la sécurité des habitants par les actions des services locaux et des renforts. Même l’armée de l’air canadienne est engagée. Un accord international spatial3 permet par ailleurs de détourner des satellites de leurs missions habituelles pour se concentrer sur l’observation de l’incendie et ainsi fournir un renseignement vu du ciel, précieux pour lutter contre l’incendie sur terre. Enfin, un élan de solidarité est né pour soutenir ceux qui ont tout perdu (2000 maisons détruites) : la Croix rouge a ainsi obtenu 54 millions d’euros.
Si la cause du départ du feu reste inconnue, des facteurs ont permis sa propagation : tempé-ratures élevées (30 °C.), sècheresse inhabituelle, déforestation sauvage (laissant un tapis de bois mort et de brindilles), le tout conjugué à des vents violents qui ont créé de véritables tempêtes de feu.
Les coûts d’une telle catastrophe sont inédits : l’arrêt par précaution de l’exploitation du pétrole cause le manque d’un quart de la production de pétrole du Canada et contri-buerait à l’augmentation des prix mondiaux des carburants ! Si tout devait être reconstruit et les victimes indemnisées, les assurances devraient payer 6 milliards d’euros.

1. Une des dix provinces du Canada, au sud-ouest du pays.
2. Matériau naturel rentrant, par exemple, dans la composition du goudron des routes et naguère utilisé par les indiens pour étanchéifier leurs canoës.
3. Charte internationale « Espace et catastrophes majeures ».

Actuailes n° 53 – 25 mai 2016




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