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Vinci, victime d’une attaque informatique

Vinci, victime d’une attaque informatique

23-11-2016 à 21:14:00

L’histoire est digne d’un scénario de film américain. Mais malheureusement pour Vinci, l’incident est bien réel. Le 22 novembre, un communiqué de presse est publié, dans lequel il est mentionné que le directeur financier du groupe français a été licencié pour avoir commis de graves erreurs d’écritures comptables.

Un deuxième communiqué, usurpant l’identité du directeur de la Communication de Vinci, annonce que l’entreprise « a été victime d’une très grande tentative de désinformation ». Enfin, un troisième communiqué est envoyé peu après et revendique l’opération en dénonçant les conditions de travail des ouvriers népalais et indiens qui travaillent pour Vinci sur des chantiers de construction au Qatar.

Il s’agit bien de faux communiqués et Vinci s’est empressé de démentir ces propos. L’entreprise a porté plainte contre X et l’autorité des marchés financiers s’est emparée du dossier. Mais ces pirates informatiques ont asséné un coup violent à ce géant mondial de la construction et des concessions, qui emploie aujourd’hui 185 000 collaborateurs et réalise un chiffre d’affaires de près de 40 milliards d’euros par an. À peine le communiqué relayé par les agences de presse, l’action Vinci dévisse en bourse et perd plus de 18 % en quelques dizaines de minutes, soit l’équivalent de 7 milliards d’euros !

Cette chute brutale et soudaine du capital de l’entreprise est due en grande partie à la présence, depuis une quinzaine d’années, de puissantes machines informatiques sur les marchés financiers. Celles-ci, au moyen de logarithmes très complexes, sont capables d’analyser les cours de bourse et même les mots-clés des communiqués et de procéder dans des délais extrêmement courts (de l’ordre de la nano-seconde) à des ordres de vente ou d’achat.

Ainsi, la publication des faux communiqués de Vinci a été l’élément déclencheur qui a provoqué via ces algorithmes des ordres de vente de façon très rapide et massive.

 

 

Actuailes n° 60 – 30 novembre 2016




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