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Bridge of Spies

Bridge of Spies

22-01-2016 à 13:36:51

À 68 ans, Steven Spielberg est « The Entertainment King » du cinéma américain. En effet, ce roi du divertissement a vingt-huit films à son actif, pratiquement tous très bien accueillis par un public mondial. Son répertoire est immense : épouvante (Les Dents de la mer), fantastique (E.T., Retour vers le futur, Men in Black...), science fiction (Transformers, Minority Report...), comédies familiales (Hook, Le Secret de la licorne...), historique (La liste de Schindler, Il faut sauver le soldat Ryan...). Engagé politiquement, ce démocrate tient à délivrer un message pacifiste à travers son œuvre avec une vision toutefois assez simpliste : l’Amérique détient les valeurs morales du bien !

Sa collaboration pour son dernier film avec les frères Coen a de quoi surprendre. Joel et Ethan Coen sont connus pour leur cinéma intimiste et cynique, plus intellectuel et plus nuancé.

Tiré d’un fait historique, Bridge of Spies retrace la capture d’un agent du KGB*, le colonel Abel, à New York en 1957, et son échange avec le pilote (F. Powers) d’un U2, un avion espion, capturé en URSS en 1960.

Nous sommes en pleine guerre froide, les États-Unis vivent dans la terreur d’une attaque nucléaire des communistes, car, depuis 1947 le monde est devenu bipolaire, et les USA et leurs alliés d’un côté, et  l’URSS et ses satellites de l’autre, se sont engagés dans une lutte sans merci mais sans combat direct. C’est la chasse aux espions et tout devrait conduire le colonel Abel à la chaise électrique. Mais les Américains veulent donner l’image d’une justice irréprochable et choisissent pour la défense de ce dernier un avocat renommé, « Jim » Donovan. Interprété par Tom Hanks, acteur fétiche de Spielberg, ce juriste va prendre cette affaire à cœur et convaincre la Cour de laisser Abel en vie : il pourrait servir... Ce qui ne manquera pas d’arriver par la suite.

Tom Hanks, rappelez-vous, c’est le saint-bernard du cinéma américain (Actuailes n° 25), et là il en fait des tonnes : on voudrait lui accrocher un tonnelet de rhum autour du cou ! En miroir l‘interprétation de Mark Rylance en agent placide du KGB est remarquable. En outre, la vision toute manichéenne de Spielberg est presque risible : le colonel Abel a droit à tous les égards alors que le pauvre pilote américain subit les pires vicissitudes au fond de sa prison soviétique... Mais comment ne pas apprécier cette succession de genres au sein d’un même film : scène d’espionnage captivante, attaque à 70 000 pieds époustouflante, reconstitution réaliste de Berlin au moment de la construction du Mur, scènes de guerre, ambiance pesante de ces négociations alambiquées entre les différents protagonistes de l’époque... Encore une fois, M. Spielberg : quel talent !

*Police secrète soviétique.

 

 

 

 




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