Logo
Emmanuel Macron perd son pari

Emmanuel Macron perd son pari

03-10-2017 à 23:26:45

Contrairement à ce qu’il espérait, Emmanuel Macron n’a pas réussi à remporter suffisamment de sièges au Sénat pour obtenir la majorité au Parlement. Pire, il en perd même quelques-uns.

 

Comme nous le disions dans le dernier numéro d’Actuailes, les élections sénatoriales se sont déroulées dimanche 24 septembre 2017. Et, contrairement à l’Assemblée nationale, qui avait vécu un raz-de-marée de députés La République en marche (LREM), le Sénat a vu son aile droite se renforcer : sur un total de 348 sénateurs, le parti Les Républicains (LR) comptent désormais 171 élus alors qu’il en avait 142 auparavant. A contrario, le nombre de sénateurs LREM a chuté, passant de 29 à 24 sénateurs. La tendance est la même pour le Parti socialiste qui comptent 69 sénateurs, soit 17 de moins qu’avant les élections. Enfin, le Front national conserve les 2 sièges qu’il détenait.

Comment expliquer cette défaite pour LREM, quelques mois seulement après les succès des législatives ? LREM est un mouvement très récent et dispose de ce fait de très peu de grands électeurs (maires, conseillers municipaux, régionaux et départementaux) qui lui soient affiliés et qui votent pour lui. De plus, certaines mesures récentes prises par le gouvernement ont mécontenté les élus locaux : la baisse des crédits accordés aux villes et la suppression d’un impôt (la taxe d’habitation) qui leur permettaient d’augmenter leur budget et ainsi conduire des projets de rénovation. De ce fait, un grand nombre de grands électeurs ont voulu manifester leur désaccord en pénalisant le parti au pouvoir.

Ces résultats sont une mauvaise nouvelle pour le président de la République, qui espérait obtenir une cinquantaine de sénateurs LREM. Pour appliquer son programme (voir le dernier numéro) et modifier la Constitution, il aura besoin d’alliances, avec le Centre (le MoDem ou l’UDI), voire le Parti socialiste, mais le parti LR a désormais le pouvoir de bloquer une partie des projets de loi au Sénat.

 

François Senlis

 

Actuailes n° 74– 4 octobre 2017

 

 

 

 




Imprimer