Logo

Le Foyer de la danse Edgar Degas (1834-1917)

31-01-2018 à 10:35:26

© Photo RMN-Grand Palais – H. Lewandowski

Comme elles sont gracieuses, toutes ces danseuses ! Quelle manière de se tenir ! Quelle élégance dans leur maintien, même au repos !

 

Degas aimait la danse, l’opéra où il avait ses entrées, où il était libre de prendre sur le vif des scènes de la vie quotidienne de ces jeunes filles, au travail ou au repos1.

 

Je voudrais attirer votre attention sur la composition très particulière du tableau : le centre est vide, laissant une vaste place au parquet de cette salle. Au premier plan, étonnamment, une simple chaise, portant un éventail rouge et un morceau d’étoffe.

 

Les  personnages sont surtout regroupés à droite, en un triangle dont la pointe de gauche nous entraîne vers un grand miroir qui agrandit l’espace. Par contraste, notre regard est attiré par la jeune fille seule, à gauche, que la plupart observe. Elle écoute les indications du maître de ballet, reconnaissable à son bâton, pendant que le violoniste, assis, attend la reprise de la répétition.

 

La porte ouverte laisse entrevoir la jambe et le tutu d’un petit rat qui semble s’échapper, seul en mouvement sur ce petit tableau.

 

Tout au long de la toile court une ligne rouge, figurant la barre d’exercice. Là où le trait est caché, les ceintures colorées, jaune, bleue ou orange, prennent le relais, traçant une ligne horizontale imaginaire.

 

Les tutus, dont les amples jupons de tulle ne demandent qu’à bouger au moindre pas, font d’aériens uniformes. Derrière le rêve des ballets se cache aussi le travail ingrat et répétitif des exercices. La magie de l’opéra est la récompense de ces efforts.

 

Sophie Roubertie

 

1. Voir L’Étoile dans Actuailes n° 31.

 

 Actuailes n° 80 – 31 janvier 2018




Imprimer