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Un tournant politique en Allemagne

Un tournant politique en Allemagne

04-10-2017 à 10:38:13

Le parti d’Angela Merkel est arrivé en tête le 24 septembre pour la quatrième fois consécutive. Mais avec une certaine fragilité. C’est surtout l’entrée au Parlement allemand du parti Alternativ für Deutschland (AfD) qui marque les esprits et révolutionne le paysage politique allemand.

 

La CDU/CSU en perte de vitesse

Cette union chrétienne démocrate qui est traditionnellement le poids lourd de la politique allemande accuse une véritable perte de vitesse en concédant presque soixante-cinq sièges au Bundestag – l’Assemblée fédérale allemande qui siège à Berlin.

Le système électoral allemand impose à chaque électeur de voter pour un représentant local dans son Land – comparable à une région française – et de voter également pour l’un des partis représentés au niveau fédéral au Bundestag.

Ce système ne donne quasiment pas de majorité à un seul parti, mais impose au parti arrivé en tête des élections de faire des alliances avec d’autres partis afin d’obtenir une majorité à l’assemblée.

Le Sozialdemokratische Partei Deutschlands (SPD), emmené par Martin Schulz, perd près de quarante sièges parlementaires. C’est le pire résultat de ce parti depuis la fin de la guerre et son chef annonce qu’il siègera dans l’opposition et non dans la grande coalition.

La percée de l’AfD traduit une (r)évolution politique en Allemagne

Pour la première fois depuis 1945, un parti de Droite nationaliste et eurosceptique fait son entrée au Bundestag. Et une entrée remarquée puisqu’il gagne quatre-vingt-quatorze sièges d’un coup et devient ainsi le troisième parti politique d’Allemagne ! C’est donc une petite révolution pour ce pays qui est traditionnellement assez modéré politiquement. Les analystes expliquent ce score par un discours anti-migrants tenu par AfD qui a séduit de nombreux Allemands en particulier dans les États de l’Est.

De nombreuses personnalités politiques ont qualifié ce résultat de retour des nazis au Parlement pour sensibiliser la population au danger que représente, selon eux, ce parti.

C’est donc dans ce contexte incertain que la chancelière allemande doit mener les négociations avec les autres partis pour aboutir vraisemblablement à une coalition dite « jamaïcaine », noire-jaune-vert, couleurs traditionnelles des partis CDU/CSU, FDP (le parti libéral démocrate) et écologistes.

 

 

Karl-Wilhelm von Lüneth

 

    Actuailes n° 74– 4 oct




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