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Une électricité… aux  p’tits neutrons !

Une électricité… aux p’tits neutrons !

17-10-2017 à 15:46:32

Un rapport de Greenpeace, récemment sorti, critique la sécurité des centrales nucléaires. Outre la dangerosité de la radioactivité, pourquoi est-ce important que ces zones restent protégées de toute intrusion ?

Une centrale électrique classique est comme une cocotte-minute : on chauffe de l’eau enfermée dans un circuit grâce à un combustible (gaz ou pétrole). En s’échauffant, l’eau va s’évaporer, la pression dans le circuit augmente (ce qui crée le sifflement de la cocotte-minute) et la vapeur entraîne une turbine qui produit de l’électricité. Une centrale thermique est simple à maîtriser : si on arrête d’apporter du combustible, la flamme s’arrête et le système se refroidit, comme lorsque l’on éteint le feu sous la cocotte.

Mais une réaction nucléaire, c’est bien plus complexe… Le principe est de bombarder de grosses molécules (comme de l’uranium) avec de petites particules (neutrons). Ils cassent les molécules en deux éléments plus petits, ce qui libère beaucoup de chaleur… Et deux à trois autres neutrons, qui peuvent à leur tour casser des molécules : ce qu’on appelle une réaction en chaîne.

Si la quantité de neutrons dans le réacteur n’est pas maîtrisée, la réaction peut s’amplifier à toute vitesse, dégager beaucoup trop de chaleur et faire fondre le réacteur.

Pour contrôler cela, on utilise des matériaux spéciaux qui absorbent les neutrons, que l’on insère dans le réacteur pour ralentir la réaction ou, au contraire, que l’on sort pour l’accélérer.

La réaction a lieu dans de l’eau sous haute pression : plus de cent cinquante fois la pression atmosphérique ! Elle s’échauffe grâce à la chaleur libérée par les molécules qui sont cassées et permet ensuite d’entraîner les turbines.

Maîtriser la réaction nucléaire pour produire de l’électricité est donc tout un art, ce qui explique les quelques accidents qu’il y a eu dans le passé, comme Tchernobyl et Fukushima. C’est aussi pourquoi les centrales coûtent si cher à construire et pourquoi les exigences de sécurité sont si draconiennes : il faut limiter au maximum tout ce qui pourrait en perturber le fonctionnement.

 

Malo du Bretoux

 

 

  Actuailes n° 75 – 18 octobre 2017




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