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Viande aux hormones ?

Viande aux hormones ?

08-06-2016 à 00:40:24

Le projet de traité de libre échange transatlantique (TAFTA) inquiète. Est-ce le début d’importations de viandes aux hormones venant des USA ? Quel est le vrai problème ?

 

Qu’est-ce qu’une hormone ?

Une hormone est une substance chimique produite par une glande endocrine, c’est-à-dire dont la sécrétion, à faible dose, s’écoule dans le sang et agit à distance sur des tissus ou d’autres glandes.

À quoi servent les hormones dans l’élevage des bovins ?

Aux USA, les éleveurs l’utilisent, par exemple, après la suppression des organes sexuels d’un taureau pour maîtriser ses comportements dangereux. Cette opération limite aussi sa croissance et une dose hormonale peut compenser. On produit aussi plus de viande maigre : un consommateur peut préférer une viande persillée, c’est-à-dire avec des filaments graisseux qui la rend plus tendre... mais, comme toutes les graisses animales, c’est moins bon pour la santé humaine ! On peut aussi jouer sur la production de lait chez la vache. Aux USA, 96 % des bêtes sont traitées aux hormones.

 

L’avis de l’Organisation mondiale de la santé et de l’Europe

Les organismes de l’ONU estiment que l’usage des stimulateurs de croissance en production animale est sans risque pour la santé humaine. Le Centre international de recherche sur le cancer est arrivé aux mêmes conclusions.

L’Europe, soumise à des groupes de pression écologistes, a décidé d’interdire l’usage des hormones pour la production animale. Pourtant, près d’une dizaine d’expertises, de 1981 à 2013, ont conclu à l’absence de risque. L’UE a d’ailleurs été attaquée par le Canada pour entrave au libre-échange, se faisant reprocher de n’avoir pas scientifiquement justifié le risque pour la santé.

 

Pourquoi n’y aurait-il pas de dangers ?

Des hormones naturelles sont présentes chez les bovins, traités ou non. Ainsi, deux steaks de 170 g, provenant d’un animal traité ou non, en contiennent à peu près autant. Les hormones utilisées en élevage sont infimes par rapport aux hormones produites par l’homme lui-même : un homme produit chaque jour près de 36 000 fois la quantité d’œstrogène que l’on retrouve dans un steak « aux hormones » !

Enfin, dans l’alimentation humaine, le bœuf n’est pas le seul produit alimentaire à contenir des hormones. Ainsi, une cuillerée d’huile de soja contient presque 7 500 fois la quantité d’œstrogène que l’on retrouve dans un morceau de viande de 170 g.Enfin, il ne faut pas oublier que les résidus d’hormones sont détruits dans l’estomac.

Voilà pourquoi le codex alimentarius est incapable de distinguer les résidus d’hormones produites par l’animal lui-même et celles administrées par un éleveur.

Il ne suffit pas de dire qu’une molécule est cancérigène après l’avoir testée en laboratoire sur quelques dizaines de souris. Il ne suffit pas non plus de détecter l’existence de cancers dans une population. Il faut être capable de les attribuer soit à une consommation de viande, soit à celle du soja, ou à l’existence d’autres perturbateurs endocriniens !

 

La viande aux hormones : perturbateurs endocriniens ?

Un perturbateur endocrinien est une molécule qui imite l’effet des hormones et peut causer des anomalies physiologiques.Si la viande aux hormones n’a pas d’effet néfaste sur la santé humaine, on peut se demander s’il n’y a pas de véritables perturbateurs endocriniens qui sont négligés.Un sénateur français vient d’affirmer : « Le plus important perturbateur endocrinien, c’est la pilule » ! La dose ingérée dans une ration de viande est cent fois inférieure à la dose d’une contraception d’urgence.

Par ailleurs, on ne peut pas alarmer les opinions sur les perturbateurs endocriniens et se faire en même temps le défenseur de la libération de consommation du cannabis, surtout depuis qu’il existe des plantes OGM renforçant les propriétés hallucinogènes du cannabis. Devant l’Assemblée nationale, le 28 février 2012, deux professeurs ont expliqué la nature de perturbateur endocrinien du cannabis. Et que dire de la consommation d’alcool qui élève le taux des œstrogènes chez l’homme et chez la femme ?Pourtant, le Parlement a publié le 11 juillet 2011 un rapport sur les perturbateurs sans citer ni la contraception ni le cannabis ! N’est-on pas face à la pression d’opinions écologiques et sociétales qui refusent de mettre le doigt sur les vrais problèmes ?

 

Conclusion

Une autre question se pose : le goût de la viande aux hormones est-il altéré ? La réponse dépend de chacun. Un étiquetage « viande sans hormone » pourrait indiquer au consommateur ce qu’il achète. Mais ce seul étiquetage contribue à entretenir l’idée de danger.Quels sont, dès lors, les vrais problèmes du Traité commercial Nord-Atlantique ?Il soulève vraisemblablement plus de problèmes économiques que de santé publique. On court le risque d’une concurrence des élevages américains avec ceux de nos montagnes, avec un impact considérable sur nos paysages. Nous y reviendrons dans le prochain numéro d’Actuailes.

 

Pour aller plus loin, cliquer ici ou sur jeunes29.les2ailes.com.

 

Œstrogène : Mot composé de « gène » (du grec gígnomai : « engendrer ») et de « oîstros » qui désignait un « taon », insecte qui pique. Au sens figuré, le mot désigne ce qui engendre la fureur, le désir, ou la passion. Un œstrogène est une hormone sexuelle qui, entre autres, engendre le désir du sexe opposé. Hallucinogène : Du latin hallucinari « divaguer, rêver ». Un produit hallucinogène est un produit qui fait rêver, mais c’est une substance toxique, c’est-à-dire dangereuse pour le cerveau et qui peut avoir des conséquences graves sur la santé.

 

Actuailes n° 54 – 8 juin 2016




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