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Vous avez dit bioéthique ?

Vous avez dit bioéthique ?

31-01-2018 à 09:47:07

En janvier, se sont ouverts les « états généraux de la bioéthique » : il s’agit d’une consultation nationale de l’ensemble des citoyens souhaitant s’exprimer au sujet de la loi de bioéthique qui doit être révisée en 2018 et votée à nouveau à l’Assemblée au mois de juillet prochain. En effet, la dernière loi de bioéthique datant de 2011 prévoyait cette consultation et cette révision à sept ans d’intervalle.

 

Qu’est-ce que la bioéthique ?

C’est l’étude des problèmes éthiques posés par les avancées de la science et de la médecine. L’éthique est elle-même la réflexion philosophique sur la valeur de tel ou tel acte ou pratique, permettant d’établir des normes morales qui guident nos comportements et nos lois. La bioéthique est une facette de l’éthique apparue dans les années 1960, à la suite de certaines horreurs pratiquées pendant la guerre par des médecins nazis et surtout face aux progrès techniques immenses de la médecine, avec la découverte de l’ADN, la maîtrise de la procréation, etc.

 

Qu’y a-t-il dans la loi de bioéthique ?

Elle regroupe les articles de loi concernant notamment la procréation médicalement assistée (PMA : tous les soins qui visent à concevoir un enfant), la recherche sur les embryons, la transplantation d’organes, le secret des données médicales personnelles (comment et à qui peut-on transmettre des informations sur notre santé), les soins autorisés autour de la fin de la vie (peut-on l’accélérer, comment soulager la douleur, etc.), la place de l’intelligence artificielle ou des techniques d’ « augmentation » de l’homme (peut-on greffer des éléments artificiels pour améliorer/soigner le fonctionnement de l’organisme)…

Comment auront lieu les débats ?

Ce sont les députés, à l’Assemblée nationale, qui voteront en juillet la nouvelle loi, comme toutes les lois. Avant de prendre leur décision, ils vont écouter des intervenants qui vont venir donner leur avis (médecins, associations, philosophes, représentants des religions), ainsi que le rapport du Comité consultatif national d’éthique qui organise, sur Internet, une consultation de l’avis de tous ceux qui le souhaitent.

Est-ce important ?

Extrêmement ! Car plusieurs changements fondamentaux sont proposés soit par le gouvernement soit par des associations : l’autorisation de l’euthanasie (le fait de pouvoir provoquer la mort de quelqu’un qui le souhaite parce qu’il est souffrant ou en fin de vie) ; l’autorisation pour toutes les femmes, célibataires ou en couple homosexuel comprises, d’avoir accès à la PMA qui, dans ce cas, ne serait plus un soin ; ou encore de nouvelles propositions pour la PMA : utiliser trois cellules d’origine différente pour arriver à « fabriquer » un embryon…

En bref, pour les médecins comme pour tout citoyen, c’est la définition même de ce qu’est un homme et sa dignité qui peut être modifiée. Il est donc nécessaire de réfléchir à qui nous sommes, de dire ce que nous croyons, de ne pas abandonner ce sujet à des gens qui voudraient imposer leur opinion.

 

Anne-Sophie Biclet

 

 Actuailes n° 80 – 31 janvier 2018




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