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#MontreTaCroix, le dernier débat sur la laïcité en France

#MontreTaCroix, le dernier débat sur la laïcité en France

14-11-2017 à 20:43:31

Depuis quelques semaines, vous  avez dû entendre parler de la campagne, devenue virale en quelques jours sur les réseaux sociaux et notamment Twitter, du #MontreTaCroix qui vise à dénoncer et contester l’arrêt concernant la croix de Ploërmel rendu le 25 octobre dernier par le conseil d’État.

 

Pour bien comprendre la polémique et avoir un avis, il faut d’abord être informé des faits. Il y a plus de dix ans, un artiste russe offre à la commune de Ploërmel une statue de Jean-Paul II. Comme la loi l’impose dans pareil cas, le conseil municipal prend alors la décision le 28 octobre 2006 d’accepter le don et d’ériger la statue sur une place de la commune.

 

Quelques temps plus tard, la mairie décide d’installer la statue de Jean-Paul II sous une arche surmontée d’une croix. Sauf, que cette fois-ci, la décision n’est pas prise dans les formes par le conseil municipal.

 Plus de six ans plus tard, une association se présentant comme défenseur de la laïcité attaque alors les décisions de la mairie devant le tribunal administratif de Rennes au motif que cette statue porte atteinte au principe de laïcité qui interdirait les symboles religieux dans l’espace public. Le tribunal administratif de Rennes donne alors raison à l’association « laïque » et ordonne le retrait de la statue.

L’affaire est alors portée en appel devant la cour d’appel de Nantes qui juge au contraire que cette statue ne porte pas atteinte au principe de laïcité. Le conseil d’État est alors saisi pour se prononcer en dernier ressort, c’est-à-dire de façon définitive, sur cette affaire.

Or, par une décision du 25 octobre 2017, le conseil d’État a jugé qu’il fallait retirer d’ici six mois, non pas la statue de Jean-Paul II, mais la croix la surplombant, car l’installation de cette croix était contraire à la loi de 1905 organisant la séparation entre l’Église et l’État et qui stipule qu’il est interdit « d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public ».

 Cette décision a eu un très fort retentissement et a beaucoup choqué les catholiques et plus largement les Français. Leur première réaction, et on peut le comprendre, a été de se demander si, en rendant cette décision, le conseil d’État signifiait ainsi qu’il fallait retirer toutes les croix qui parsèment le paysage français et qui sont autant de traces de notre histoire et de nos racines chrétiennes.

Cette décision a également heurté au-delà du milieu catholique tant il peut sembler que parfois la République s’accommode de certains signes de présence du fondamentalisme islamiste (tenue, drapeaux, prières de rue…) autrement plus dangereux et inquiétants qu’une croix catholique.

 Pour se justifier, le conseil d’État a rappelé que cette décision ne se voulait pas antireligieuse mais uniquement juridique et ne concernait que cette croix qui n’avait jamais fait l’objet d’une décision du conseil municipal dans les formes, la plupart des autres croix ayant fait l’objet de décisions ne pouvant plus être attaquées.

Il n’en demeure pas moins qu’au raisonnement juridique on voudra toujours opposer notre histoire et nos symboles.

 

Virginie Terrier

 

Actuailes n° 76 – 15 novembre 2017




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