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Des élections qui marchent ?

Des élections qui marchent ?

20-06-2017 à 21:09:39

Dans la continuité de l’élection présidentielle, les élections législatives se sont déroulées les 11 et 18 juin 2017. Elles sont marquées par deux phénomènes notables et nouveaux : la large victoire du mouvement du président de la République Emmanuel Macron, appelé La République en marche ! (LREM), et un taux d’abstention record jamais vu sous la Ve République.

 

Emmanuel Macron va pouvoir très facilement mettre en œuvre les mesures dont il a parlé pendant la campagne électorale : son mouvement obtient bien plus que la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Sur un total de 577 sièges de députés, 350 seront occupés par des membres de LREM ou du MoDem, parti allié. Les autres sièges sont occupés par les partis traditionnels qui sont relégués au second rang :

Les Républicains et l’UDI ont 130 sièges ;– Le Front national en obtient 8 ;– Le Parti socialiste et les divers gauche a 43 sièges à l’Assemblée nationale ;– La France insoumise 17 ;– enfin, 29 sièges sont tenus par des candidats sans étiquette politique.

Dans le même temps, jamais les électeurs français n’auront autant boudé les urnes : le taux de participation atteint 43 % et donc le taux d’abstention s’élève à 57 : moins d’un électeur sur deux s’est déplacé pour aller voter.

Cette situation soulève plusieurs questions…

– La très large domination d’un parti à l’Assemblée nationale semble rendre vaine toute opposition : il sera quasiment impossible de s’opposer à chacune des mesures voulues par le gouvernement puisqu’elles seront toutes approuvées par les députés LREM. Dans ce cas, il n’y a plus de débat : est-ce toujours démocratique ?

– Le niveau extrêmement élevé de l’abstention reflète le désintérêt des Français pour la politique : ils paraissent résignés et donnent l’impression de ne plus faire confiance au système actuel qui n’est pas représentatif de leurs opinions. Faut-il donc changer le mode des élections ?

– Enfin se pose la question de la représentativité : en regardant les résultats précis du premier tour, qui voit toutes les opinions s’affronter, l’on se rend compte que LREM arrive en tête avec 32 % des votants. Le taux de participation ayant été de 49 % (déjà moins d’un électeur sur deux), LREM représente au final 16 % de tous les électeurs, mais occupera près de deux tiers des sièges à l’Assemblée nationale. À l’inverse, des partis comme Le Front national (13 % au 1er tour) ou La France insoumise (11 % au 1er tour) n’auront qu’une poignée de sièges à l’Assemblée nationale.

Pour remédier à ce qui passe pour une injustice aux yeux de bon nombre d’électeurs et partis politiques, la solution réside dans le changement des règles des élections et dans l’introduction de la proportionnalité : les partis disposent d’un nombre de sièges correspondants au nombre de voix qu’ils recueillent.

 

Le savais-tu ?

Apres les élections législatives, le Premier ministre présente la démission de son gouvernement afin d’en former un nouveau aux couleurs des résultats du vote. Cette fois-ci, il ne devrait pas y avoir beaucoup de changements, puisque le scrutin législatif est à l’image de l’élection présidentielle.

 

 

François Senlis

 

 

Actuailes n° 72 – 21 juin 2017




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