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La santé, un sujet pour les candidats en 2016… et 2017 !

La santé, un sujet pour les candidats en 2016… et 2017 !

29-11-2016 à 23:42:05

Au cours des débats entre les candidats à la primaire de la Droite et du Centre, la question de la santé a été présentée comme une préoccupation majeure pour les Français. Les candidats ont tous affirmé vouloir augmenter le nombre de médecins pour améliorer la prise en charge des malades, et cela paraît essentiel. Mais ce n’est pas le seul défi à relever. En voici quelques autres…

 

Le manque de médecins

Effectivement, si le nombre de médecins est resté assez stable en France (près de 200 000) entre 2015 et 2016, il va baisser tous les ans jusqu’en 2025 au moins. Le nombre de généralistes* a diminué de 8 % et dans certains départements comme l’Île-de-France de près de 18 %, alors que le nombre de spécialistes** a augmenté. La répartition des médecins est très variable en fonction des régions. Et il y a un manque très important dans le centre de la France alors que le Sud et l’Ouest ont plus de médecins par habitant.

Les malades psychiatriques abandonnés

L’OMS (Organisation mondiale de la santé) estime qu’une personne sur cinq est touchée par une maladie psychiatrique, c’est-à-dire qui touche les émotions, le rapport avec l’environnement et les autres, la façon de réfléchir (comme la dépression, l’autisme, la bipolarité***). Or, le nombre de médecins psychiatres et de places d’hospitalisation pour les malades les plus sérieux est ridiculement faible.

Le budget de la recherche dans ce domaine représente 2 % seulement de la recherche médicale. Beaucoup de médecins français, généralistes ou psychiatres, ne sont pas suffisamment formés au dépistage de ces maladies ou à des prises en charge plus récentes. Du coup, le diagnostic est fait tardivement alors que plus on est rapide, plus on est efficace. Il faut investir en temps et en argent dans ce domaine, rapidement ! Savez-vous qu’il est probable que près de 25 % des personnes emprisonnées ont en fait besoin d’un traitement psychiatrique ?

Les soins palliatifs insuffisants

La loi prévoit depuis 2008 un développement des unités de soins palliatifs pour accompagner le mieux possible la fin de la vie et les souffrances majeures des patients. Pourtant, trop peu d’unités ont été créées et de médecins formés, ce qui amène à des prises en charge difficiles pour tout de monde, les médecins comme les patients (qui peuvent du coup voir l’euthanasie comme une bonne solution). Il faut développer ces soins qui pourraient aussi prendre en charge des patients en partie chez eux ou dans une maison de retraite, afin que la fin de la vie soit plus sereine.

Voilà quelques points importants, il y en a bien d’autres, à aborder avec ceux qui souhaitent nous gouverner !

 

*Le médecin généraliste ou médecin de famille est celui qui soigne en « première ligne » les maladies les plus fréquentes, qui touchent tous les organes.**Le médecin spécialiste s’est formé en particulier pour un type d’organe (le gastroentérologue pour les organes de la digestion, le pneumologue pour les poumons…) ou un type de maladie (le cancérologue, le psychiatre) ou un âge de la vie (pédiatre pour les enfants, le gériatre pour les personnes âgées) : il soigne les maladies dans ce domaine seulement.***La bipolarité est une maladie psychiatrique où on alterne des moments de dépression et des moments de « manie », c’est-à-dire d’excitation et d’euphorie psychique.

 

Actuailes n° 60 – 30 novembre 2016

 

 




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