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Le cannabis : ami ou ennemi ?

Le cannabis : ami ou ennemi ?

12-10-2015 à 09:40:38

Début septembre, l’état du Mexique autorisait une enfant de 8 ans à soigner son épilepsie très sévère avec un médicament à base de cannabis, substance jusqu’alors totalement interdite dans ce pays. De nombreux articles ont suivi, s’appuyant sur les effets bénéfiques de cette plante pour demander une autorisation de l’utiliser encore plus largement. Ils donnent en exemple les états comme l’Oregon qui a légalisé cet été sa consommation sans restriction. Quelle est la réalité derrière ces gros titres ?

 

Le cannabis agit sur le psychisme (les pensées, les émotions) du consommateur. Il est donc considéré comme une drogue et interdit à la vente et à la consommation dans la majorité des pays, y compris en France. Pourtant, il est facile de constater que cette interdiction est peu respectée, en particulier chez les moins de 25 ans, qui utilisent l’herbe ou la résine de cannabis essentiellement sous forme de « joint » (sorte de cigarette) de façon « récréative » (dans un but de détente). L’Observatoire des drogues et toxicomanies estime qu’au moins 41 % des jeunes de 17 ans ont déjà consommé du cannabis. Cette banalisation provoque à son sujet un discours rassurant qui se répand. De nombreux états l’ont dépénalisé, estimant qu’il n’est pas nocif et que l’interdire provoque un trafic plus dangereux que sa consommation.

Du point de vue médical, ces affirmations sont fausses. Il est vrai que le cannabis peut être utilisé pour soulager la douleur ou certains symptômes : en France, un médicament qui en contient (le Sativex) est autorisé pour soigner la sclérose en plaque, maladie grave qui peut provoquer des contractures musculaires et des douleurs des membres. Dans d’autres pays, on l’utilise chez les patients atteints de douleurs violentes ou de maladies chroniques. Cependant, utiliser ses qualités ne signifie pas qu’il n’a pas d’effet toxique : le bénéfice du patient semble simplement plus important que les effets indésirables.

Ces effets sont nombreux.

Effets immédiats et qui cessent à l’arrêt de la consommation : baisse de l’attention, modification de l’humeur (on devient très gai et sans crainte), difficulté de coordination des mouvements ou temps de réaction plus long, qui peuvent avoir des conséquences dramatiques dans certaines situations, conduite ou travail dangereux. Ils peuvent durer plusieurs jours après une prise de cannabis, sans que le consommateur le sache.

Effets rapides et qui régressent également : crises de délire*, avec  des hallucinations*, une agitation, un sentiment de toute-puissance, qui nécessitent l’hospitalisation et un traitement médicamenteux. La dépendance psychique (de l’esprit) au produit, les difficultés de concentration et le repli sur soi sont d’autres effets rapides.

Plus redoutables encore sont les effets à long terme qui ne cessent pas à l’arrêt de la prise de cannabis : la baisse des capacités cérébrales (du cerveau) a bien été démontrée en 2012 par une équipe médicale de Nouvelle-Zélande. Ces médecins ont constaté que le QI* des personnes ayant consommé du cannabis avant 18 ans était plus bas que les autres de 5 points (en moyenne) à l’âge de 38 ans. Chez les plus gros consommateurs, cela pouvait aller jusqu’à 8 points ! L’autre effet qui a été abondamment étudié est le lien avec la schizophrénie, maladie psychiatrique qui provoque un délire, des hallucinations, une dépersonnalisation (on ne sait plus qui l’on est). Cette maladie définitive peut être déclenchée ou aggravée par la prise de cannabis, dans un délai parfois très court.  

Si ces principaux effets nocifs peuvent être acceptables lorsqu’il s’agit de soulager une personne gravement malade, il semble fou de les tolérer pour un usage « récréatif » du cannabis, sans autre intérêt que la recherche d’une sensation agréable. Il est donc nécessaire de rappeler fermement que cette substance est une drogue. Pourquoi tant de jeunes recherchent-ils à « s’évader » (de quoi ?) ou à se détendre ainsi ? Pourquoi notre société qui veut éliminer tout risque et cherche la « performance », veut-elle promouvoir une substance qui détériore les capacités mentales des consommateurs, voire met leur vie en danger ?

 

QI ou quotient intellectuel : C’est le résultat de tests qui évaluent les capacités du cerveau, « l’intelligence » de la personne. Le QI moyen est de 90.

Délire : C’est une perte de contact avec la réalité. On imagine des choses ou des relations qui n’existent pas (par exemple que notre voisin est un extraterrestre, etc.).

Hallucination : C’est une sensation qui ne correspond pas à une réalité : on voit, on sent, on entend des choses qui n’existent pas.

 

 




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