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Le fundraising

Le fundraising

14-09-2015 à 10:46:20

Signifiant littéralement « leveé de fonds », il s’agit d’une activité quasi permanente aux États-Unis. C’est celle des enfants qui vont déblayer les pentes de garage enneigées pour financer la logistique d’une colonie passée à réparer des logements de gens pauvres ; des pom-pom girls[1] qui animeront un carrefour routier avec force sourires et paillettes en agitant des pancartes proposant de laver des voitures pour financer de nouvelles tenues de lumières ; du neveu qui va recourir à un site web spécialisé pour recueillir les fonds nécessaires au soins médicaux de sa tante... Son annonce suivra d’ailleurs celle d’un jeune cowboy qui, lui, aimerait récolter quelques poignées de dollars pour payer la paire de bottes lumineusement blanches et en cuir travaillé que sa tendre Texane chaussera pour leurs noces ! À plus grand échelle, les partis politiques lèvent des fonds massivement pour assurer des campagnes où les publicités et l’implication des média constituent une indispensable forme qui éclipse régulièrement le fond des débats politiques. Enfin et surtout, de nombreuses associations plus ou moins caritatives ne peuvent exister que par des dons ; d’ailleurs, ces associations s’appellent « charities », ce qui vaut deux fois : pour elles qui en vivent et qui l’offrent aux plus nécessiteux.

358 milliards de dollars ont ainsi été « donnés » en 2014 (dont 250 par des individus), soit 6 % de plus qu’en 2013 et recueillis par plus de 1,5 million d’associations ou organisations à but non lucratif. Cette somme constitue surtout un montant comparativement jamais atteint depuis le début des années 1920 avant la grande crise de 1929[2]. Les personnes privées donnent (250 milliards en 2014) comme aussi les entreprises. Si l’intention d’un don n’est pas systématiquement désintéressée, certains donnent en revanche de leur personne pour de nobles causes tel l’acteur Bruce Willis qui intervient dans des publicités télévisées au profit du Wounded Warrior Project[3].  

L’argent des dons est pour un tiers utilisé à des fins religieuses, puis viennent des objectifs liés à l’éducation, l’assistance aux personnes, la santé et les arts, la culture comme le soutien à diverses fondations et thinks-tanks[4] .

Leur montant peut sembler excessif à un non-Américain, mais au pays de la démesure tout est relatif : l’un des candidats à l’élection présidentielle du parti républicain, le milliardaire Donald Trump (en photo, sa tour éponyme à Las Vegas), a annoncé qu’il consacrerait 9 milliards à sa campagne et que cela ne lui couterait que « peanuts » (= des cacahuètes, soit peu de chose). En 2012, 6,3 milliards avaient été dépensés pour la campagne, certes moins attrayante, celle en cours sera donc certainement la plus couteuse de l’histoire politique américaine. Générosité grande certes, mais dont la finalité est parfois discutable…

 

[1] Dire « cheerleader » aux États-Unis.

[2] De nombreux dons dépassent 200 millions et l’un a même atteint 2 milliards.

[3] « Projet pour les combattants blessés », association d’aide aux vétérans blessés.

[4] « Réservoirs de pensées » dont le personnel étudie et suit attentivement certains domaines (énergie, relations internationales).




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