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Le programme économique des candidats

Le programme économique des candidats

05-04-2017 à 10:19:50

Deux visions de l’économie s’opposent : une vision libérale et une vision socialiste. Avec, en toile de fond, de fortes divergences autour de l’Union européenne.

 

Suppression des 35 heures, création d’un million de postes dans la fonction publique, abandon de l’euro : les mesures des programmes des candidats en matière économique sont bien disparates et l’objet de cet article n’est pas de dresser une liste à la Prévert des propositions des onze candidats en lice, mais de dégager des grandes tendances.

De François Fillon à Jacques Cheminade et de François Asselineau à Benoît Hamon, tous ont un objectif économique commun : la lutte contre le chômage et la hausse de la qualité de vie à travers l’augmentation du pouvoir d’achat des Français. Et le modèle économique plus ou moins partagé par l’ensemble des candidats est basé sur le principe de la croissance. En revanche, les moyens diffèrent pour atteindre cet objectif.

Il existe en réalité deux tendances de fond qui illustrent les programmes économiques des candidats : une tendance libérale, où l’accent est porté sur l’initiative donnée à l’individu et la responsabilité individuelle. Les mesures phares liées à cette tendance sont la baisse des dépenses publiques à travers notamment la suppression de postes dans la fonction publique : le candidat François Fillon propose ainsi la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires sur la durée du prochain quinquennat ; Emmanuel Macron, 120 000.

Ces mêmes candidats, rejoints par d’autres qui estiment que les charges des entreprises sont trop élevées, tels que Nicolas Dupont-Aignan ou Marine Le Pen, sont pour une baisse significative de ces charges afin de favoriser la compétitivité des entreprises. Illustrant cette tendance libérale, François Fillon propose une suppression du temps légal de travail hebdomadaire (35 h.) pour laisser les entreprises fixer elles-mêmes cette durée, en accord avec leurs syndicats.

 

L’autre tendance est plutôt socialiste. C’est-à-dire que l’État joue un rôle prépondérant dans la redistribution des richesses. Cette tendance met en avant le principe d’égalité (là où la tendance libérale favorise le principe de liberté). Ainsi, la relance de l’économie se fait par la dépense publique, l’État créé des emplois (éducation, santé, transports), jusqu’à un million selon la proposition du candidat de gauche, Philippe Poutou. Et l’État doit être l’employeur en dernier ressort si le chômeur ne trouve pas de travail, pour Jean-Luc Mélenchon.

Ce même candidat, dans une logique égalitaire, souhaite taxer les riches patrimoines en augmentant les droits de succession afin de redistribuer l’argent aux plus pauvres. Alors que François Fillon milite en faveur de la suppression de l’impôt sur la fortune (ISF) afin d’inciter les personnes riches à investir en France au lieu de s’exiler à l’étranger.  Cette tendance, marquée par l’intervention de l’État, voit le travail comme une contrainte : ses partisans (notamment Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon) veulent un retour du départ de l’âge à la retraite à 60 ans (voire à 55 ans, selon Philippe Poutou, pour certains métiers) et le strict respect des 35 heures.

Enfin, il faut souligner également une tendance très critique à l’égard de la construction européenne et qui vise à recouvrer une souveraineté par la sortie de l’Union européenne et de la monnaie unique (l’euro) et la réappropriation de la monnaie nationale, le franc (Marine Le Pen, François Asselineau, Jacques Cheminade).

 

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Actuailes n° 67 – 5 avril 2017

 

 




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