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Le Royaume marocain boude !

Le Royaume marocain boude !

30-11-2016 à 00:02:54

Coup de théâtre au 4e Sommet1 arabo-africain du 23 novembre ! Le Maroc a claqué la porte de cette réunion, protestant contre la présence d’une délégation de la République arabe sahraoui démocratique (RASD) qu’il ne reconnaît pas. Pourquoi ?

 

Il était une fois…

Un espace géographique, grand comme la moitié de la France, bordé par le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie. Le Maroc soutient qu’il fait partie de ses provinces, pour des raisons historiques datant de l’époque des sultans. Toutes les tribus locales ne sont pas de cet avis.

Une histoire coloniale. Au XVIe siècle, le Sahara occidental est contrôlé par les sultans marocains. À la fin du XIXe siècle, l’Espagne place ce territoire sous son « protectorat » (sorte de colonie).

Une histoire conflictuelle. En 1965, l’ONU pousse les Espagnols à décoloniser le Sahara occidental. C’est à ce moment que les voisins pointent leur nez. Ils veulent mettre la main sur ce territoire, riche en phosphate et doté d’une façade maritime. En 1975, les accords de Madrid confient les deux tiers Nord du Sahara occidental au Maroc et le reste à la Mauritanie.

Refusant cette partition, plusieurs tribus sahra-ouies2, soutenues par l’Algérie déçue par les accords de Madrid, créent le Front Polisario qui proclame l’indépendance de la RASD en 1976. Il engage des combats, notamment contre le Maroc qui érige un mur de défense, composé de remblais de sable de trois mètres de haut protégés par des champs de mines et des fortifications. En 1991, un cessez-le-feu est signé entre le Front Polisario et le Maroc qui, depuis lors, contrôle et administre environ 80 % du territoire. Le statut du reste de cette région n’est toujours pas déterminé au niveau international, même si l’Union africaine reconnaît la RASD.

Tout ceci explique la réaction du Maroc lors de ce dernier sommet organisé par l’Union africaine.

 

1. En politique, un sommet est une rencontre entre chefs d’État.

2. Un Sahraoui est un habitant de cette région.

 

Actuailes n° 60 – 30 novembre 2016

 

 

 




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