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Sainte Catherine de Sienne : la dolce mamma

Sainte Catherine de Sienne : la dolce mamma

17-04-2018 à 22:39:35

Portrait d’une grande dame passionnée...

 

L’épouse d’un teinturier de Sienne en Toscane (Italie) met au monde vingt-huit enfants. La petite dernière, Catherine, naît en 1340. Dès l’âge de 5 ans, elle voit le Christ, elle lui parle et décide de consacrer sa vie à Dieu. À 16 ans, elle entre dans le tiers-ordre dominicain. Indépendante, énergique, elle ponctue ses demandes de « I voglio ! » (Je veux).

Très vite, un groupe de disciples – la bella brigata – s’attache à elle. Ses fidèles l’appellent affectueusement « la dolce mamma ». Le plus illustre d’entre eux est son confesseur, Raymond de Capoue, qui écrira plus tard le récit de sa vie. Les Caterini (disciples de Catherine) sont au service des malades, des pauvres. Leur vie de prière est fervente.

Dans une vision, le Seigneur présente à Catherine deux couronnes, l’une de pierres précieuses, l’autre d’épines, en lui demandant de choisir. Catherine choisit la couronne d’épines et l’enfonce sur sa tête jusqu’à ressentir des douloureuses piqûres. Elle demande les stigmates à Jésus, mais à condition que personne ne les voit. Elle est exaucée : aux mains, aux pieds, au côté, elle ressent une douleur excessive, elle vit la Passion.

Elle soigne une pauvre femme dont le sein est rongé par un affreux cancer. Prise d’un dégoût insurmontable, elle en a honte aussitôt et s’oblige à embrasser l’horrible plaie. Elle a le courage d’accompagner un condamné à mort jusqu’à la décapitation afin de le réconforter jusqu’au bout.

À travers mille dangers, elle négocie la paix entre le Saint-Siège et les Florentins rebelles. Mue par son brûlant amour pour l’Église, elle va trouver le pape Grégoire XI qui réside à Avignon et contribue pour beaucoup à sa rentrée dans Rome. Très appréciée de ce pape, elle ne l’est pas moins de son successeur Urbain VI.

Jusqu’à la fin de sa vie, elle a de nombreux entretiens avec Jésus. Elle les rapporte dans son livre Les Dialogues, qu’elle écrit d’une traite, en quelques jours, en 1378.  « Tu es celle qui n’est pas. Je suis Celui qui suis », lui dit le Seigneur. Belle leçon d’humilité ! Cette même année, Catherine s’installe à Rome.

Elle meurt épuisée le 29 avril 1380, elle a 33 ans. Canonisée par Pie II en 1461, elle a été proclamée docteur de l’Église en 1970. Jean-Paul II l’a instituée co-patronne de l’Europe en 1999 après les saints Benoît, Cyrille et Méthode et avec les saintes Brigitte de Suède et Édith Stein.

Urbain VIII transféra sa fête le 30 avril. Selon le calendrier liturgique choisi, on la fête le 29 ou le 30 avril.

 

Mauricette  Vial-Andru

 

Actuailes n° 84 – 18 avril 2018

 

 

 




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