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Sport et dépendance : connaissez-vous la « bigorexie » ?

Sport et dépendance : connaissez-vous la « bigorexie » ?

17-04-2018 à 23:15:17

On le sait, l’activité physique apporte de nombreux bienfaits. Pour rester en bonne santé, petits et grands sont encouragés à se dépenser. Cependant, attention, car une pratique de plus en plus intensive pour se sentir bien, la poursuite des séances malgré une blessure ou les entraînements quotidiens aux dépens de la vie familiale ou sociale, sont autant de signaux d’alerte annonçant un risque de bigorexie, appellation scientifique de la dépendance au sport.

 

Contraction de big (« gros », en anglais) et orexis (« appétit » ou « désir », en grec), ce néologisme a d’abord été utilisé pour qualifier les adeptes du culturisme1, cherchant sans cesse à augmenter leur masse musculaire. Depuis, le terme a été étendu aux autres disciplines, notamment les sports d’endurance. La bigorexie touche aussi bien les athlètes professionnels que les amateurs.

D’où cela vient-il ?

Cet excès se définit comme le besoin de pratiquer une activité physique se traduisant par un comportement incontrôlé (le sportif ne parvient pas à diminuer son activité) et se manifestant par des symptômes2 physiques et psychologiques.

La science a démontré que la pratique du sport entraîne la sécrétion dans le cerveau d’une molécule3, l’endorphine. Cette molécule donne un sentiment de bien-être à l’issue de l’effort.

Le problème vient du besoin de reproduire de plus en plus souvent ce sentiment.

Des conséquences néfastes

L’activité sportive finit par occuper une place disproportionnée chez le pratiquant et peut aller jusqu’à susciter des conflits entre le sport pratiqué et les autres aspects de la vie quotidienne (famille, travail...). Sans parler des incidences sur la santé physique (blessures à répétition). Ainsi, la personne peut se couper de ses amis ou de sa famille pour satisfaire ce besoin croissant de performance en se soumettant à un programme d’entraînement très strict. Sa vie s’organise autour de l’activité sportive.

En conclusion, si le sport est bénéfique pour la santé, développe le corps et la confiance en soi, révèle le caractère qui est en chacun de nous, il peut également conduire à des comportements préjudiciables à la santé et à la vie en société.

 

1. Culturisme : discipline consistant à développer sa masse musculaire dans un but esthétique, c’est-à-dire la recherche du beau.

2. Symptôme : signe représentant la manifestation d’une maladie (par exemple : toux, maux de tête…).

3. Molécule : structure de base de la matière.

 

Actuailes n° 84 – 18 avril 2018

 




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